mercredi 8 mars 2017

LES HATHAWAY - Tome 3 : La tentation d'un soir

Lisa Kleypas
Les Editions J'ai lu (2011)
Sortie originale 2009
345 pages

Synopsis :
Propulsée au sein de la haute société quand son frère est devenu vicomte, Poppy Hathaway est éprise de Michael Bayning, un jeune aristocrate qui la courtise en secret. Une lettre d'amour égarée la conduit à faire la connaissance du redoutable Harry Rutledge, propriétaire de l'hôtel du même nom. Un homme d'un toupet infernal qui ose lui voler un baiser qu'elle se surprend à lui rendre ! Un homme dangereux, au passé trouble, terriblement volontaire et qui, alors qu'elle se destine à un autre, va se révéler prêt à tout pour la posséder.

« — Je ne vois pas en quoi la présence d'une fille dans le cabinet de curiosités serait un événement. 
— Hmm... peut-être parce que Rutledge n'a jamais laissé personne y entrer? Ou peut-être parce que tout le monde, ici, prie le Ciel pour qu'il se trouve enfin une épouse qui le distraira suffisamment pour qu'il renonce à se mêler à tout bout de champ de la marche de l'hôtel ? Jake secoua la tête. 
— Je doute fort qu'il se marie un jour. Cet hôtel est sa maîtresse. Broussard le gratifia d'un regard condescendant. 
— Tu n'y connais rien, assura-t-il. M. Rutledge se mariera le jour où il trouvera la bonne candidate. Comme on dit dans mon pays : Une femme est aussi difficile à choisir qu'un melon ».

Nous revoici avec la famille Hathaway et pour ce nouveau tome, La tentation d’un soir, c’est de la 3ème fille de la fratrie, Poppy, dont il va être question. Nous sommes maintenant en 1852 et nous quittons pour quelque temps la campagne du Hampshire et le domaine familiale de Ramsay House pour nous retrouver à Londres, où la saison des débutantes bat son plein ! Les Hathaway n’ont pas de pied à terre dans la capitale anglaise et c’est donc à l’hôtel qu’ils vont loger. Et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du prestigieux Rutledge Hotel tenu par un américain mystérieux et très riche qui ne s’affiche que très rarement en public et dont les rumeurs disent qu’il est très excentrique mais aussi très proche des grands de ce monde…. 
L’histoire débute quand Poppy est en train de courir dans les couloirs de l’hôtel, à la poursuite du furet de sa sœur Beatrix, Dodger, qui tient dans sa gueule une lettre d’amour écrite par le soupirant de notre héroïne.


Ce gredin d’animal ne trouve pas de meilleur endroit pour se cacher que le bureau du propriétaire de l’Hôtel, M. Rutledge. Le bureau est vide, mais par un concours de circonstances, Poppy et Dodger vont se retrouver embarqués dans un passage secret et vont tomber nez à nez sur un jeune homme mystérieux qui, d’abord, va souhaiter renvoyer la demoiselle manu militari loin des pièces secrètes dont personne n’est censé connaître l’existence…Mais intrigué par les paroles très perspicaces et d’une rare intelligence de la jeune femme, le beau brun mystérieux va lui proposer d’aller visiter le cabinet de curiosités de M. Ruthledge où celui-ci enferme tous les cadeaux que ses clients du monde entier lui ont offert, mais aussi ses propres créations, notamment des automates…..

« M. Rutledge est visiblement doué pour la mécanique. Cela me fait penser à une biographie que j'ai lue récemment : une vie de Roger Bacon, un franciscain du Moyen Âge. Mon père admirait beaucoup son œuvre. Le frère Bacon avait mené de très importantes expériences pour son époque, ce qui bien sûr lui valut d'être accusé de sorcellerie. On racontait qu'il avait... Poppy s'interrompit brutalement. 
— Vous voyez? reprit-elle. Voilà à quoi je me livre dans les bals ou les soirées mondaines. Du coup, on ne recherche guère ma compagnie. L'inconnu avait esquissé un sourire. 
— Je croyais pourtant qu'on encourageait la conversation, dans ce genre de réceptions ? 
— Mais pas mon genre de conversation ».

Si Poppy est troublé par le beau brun, qui n’a pas encore donné son nom, elle est aussi catastrophée d’avoir perdu le courrier de son soupirant quelque part dans le couloir secret plongé dans l’obscurité….Elle va demander à l’homme mystérieux de l’aider mais celui-ci la reconduira hors du passage secret sans avoir recherché la lettre (on va comprendre pourquoi plus tard…) et avant de la quitter il ne va pas pouvoir s’empêcher de l’embrasser sur la bouche…Poppy va alors apprendre qu’il est le fameux M. Rutledge himself !!!

Et maintenant qu’elle lui a tapé dans l’œil, elle ne sait pas encore que son univers entier, et ses rêves de mariage avec le jeune Michael Bayning sont compromis…..

« — Avant que vous ne partiez, dit-il, je voudrais vous donner un conseil. Il n'est pas sage, pour une jeune fille, de se promener seule dans les couloirs de l'hôtel. Ne vous avisez plus de recommencer. Poppy se raidit. 
— C'est un établissement parfaitement respectable. Je n'ai rien à craindre. 
— Oh, que si ! Le danger est juste devant vous. Et avant qu'elle ait pu réagir, il s'empara de ses lèvres. Elle fut si stupéfaite qu'elle ne songea même pas à le repousser. Pis : sa bouche s'entrouvrit comme une fleur qui s'épanouit. D'une main, il la prit à la taille et l'attira contre lui. Elle se laissa enivrer par son parfum, un mélange d'ambre, de musc, et d'odeur masculine. Elle savait qu'elle aurait dû le repousser, bien sûr... mais son baiser était si tendre, si persuasif... Abandonnant ses lèvres, il laissa courir sa bouche sur sa gorge, lui arrachant un frisson. Elle s'écarta finalement. 
— Non, fit-elle, d'un ton qui manquait singulièrement de conviction. L'inconnu lui souleva le menton, l'obligeant à le regarder. Poppy crut lire dans ses yeux une trace d'animosité, comme s'il venait de faire une découverte désagréable. Puis il la relâcha, et ouvrit la porte. 
— Portez cela à l'intérieur, ordonna-t-il à la femme de chambre, qui attendait avec son plateau. Celle-ci s'empressa d'obéir, s'appliquant à ignorer la présence de Poppy dans la pièce. Puis l'inconnu alla chercher Dodger, qui s'était endormi sur le fauteuil. Il tendit l'animal à Poppy, qui le remercia d'un murmure. Le furet ne s'était même pas réveillé. 
— Désirez-vous autre chose, monsieur? demanda la femme de chambre. 
— Oui. Je voudrais que vous escortiez cette demoiselle jusqu'à sa suite. 
— Bien, monsieur Rutledge. M.Rutledge? Le cœur de Poppy manqua un battement. Elle tourna les yeux vers son hôte, dont le regard brillait maintenant d'une lueur machiavélique. Il semblait se délecter de sa stupéfaction. Harry Rutledge. Le mystérieux propriétaire de l'hôtel, qui avait la réputation de vivre en reclus. Il n'était pas du tout comme elle se l'était imaginé. À la fois médusée et mortifiée, Poppy franchit le seuil du bureau. La porte se referma derrière elle dans un claquement sec. Ah, il s'était bien amusé à ses dépens ! Elle se consola en songeant qu'elle ne le reverrait plus jamais ».

Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-L’immoralité de Harry : Comme il le dit lui-même, Poppy est la princesse, Michael Bayning est le beau prince et lui est le méchant du conte de fée….Mais il arrive parfois que la princesse tombe amoureuse du méchant…..Il est vraiment intéressant de voir que notre héros fait preuve très souvent de méthodes plus que douteuses pour arriver à ses fins et que cela ne lui fait ni chaud ni froid au niveau de sa conscience et sa moralité. En même temps, depuis le début de la saga, nous ne pouvons pas dire que les personnages masculins de l’auteure américaine Lisa Kleypas soient totalement lisses ! Ils ont toujours des secrets ou des casseroles derrière eux….Bien évidemment, c’est Harry qui va montrer la lettre d’amour au père de Michael Bayning et qui va donc déclencher un scandale car bien entendu, le père de Michael a d’autres projets pour son fils unique que d’épouse l’une des filles de la famille Hathaway qui n’est pas assez bien pour les aristocrates, même si Leo, le fils aîné a hérité depuis peu d’un titre de Vicomte. Comme le disent ses employés à l’hôtel, qui le connaissent bien et le respecte (car il a aussi beaucoup de bons côtés…) : Quand Harry Rutledge désire quelque chose, il l’obtient toujours et par tous les moyens possible ! Et malheureusement pour Poppy, c’est elle qu’il veut ! Du coup, c’est vraiment très fourbe la manière dont il va s’y prendre pour la compromettre afin d’enfoncer le clou et l’obliger à l’épouser pour éviter un scandale (en même temps, à cette époque si une jeune lady discutait seule avec un homme dans un coin isolé, c’était déjà scandaleux….Cela dit, notre filoux d’Harry a fait plus que discuter avec Poppy…).

2#-Une Hathaway qui se marie sans être amoureuse ! En voilà une grande première dans la famille ! Contrairement à ses deux sœurs aînées, Poppy va être « obligée » de se marier avec Harry. Celui-ci, avec le culot et le bagou qui le caractérise, va tout de même lui faire remarquer qu’il la voulait plus que Mickael Bayning puisque celui-ci ne s’est pas battu plus que cela pour la récupérer !…..Les manières de procéder d’Harry sont peut-être discutable au niveau de la morale, mais on peut aussi concevoir qu’il était prêt à tout pour avoir cette jeune femme si intelligente avec qui il peut parler d’égal à égale car n’oublions pas que le principal « défaut » de Poppy c’est justement son esprit, et il était fort à parier qu’avec Mickael Bayning, cela n’aurait pas été possible pour elle d’être vraiment « elle-même » (déjà qu’il ne la courtisait pas publiquement comme s’il avait honte…). Du coup, quand elle épouse Harry, elle sait qu’il est plein de défauts mais elle sait aussi qu’il lui montre sa vraie apparence et ne se cache pas sous un masque de bienséance et il la veut pour ce qu’elle est vraiment également. Le côté gentil et pragmatique de notre héroïne va lui permettre d’accepter sa nouvelle vie et puis, elle sait aussi que Harry a eu une enfance sans amour de ses parents et donc, elle se fera la promesse de transformer ce mariage « opportuniste » en mariage d’amour véritable, autant dans l’intensité que dans la durée….En fait, ce qui se passe avec Poppy dans ce tome, c’est le contraire de ce qui est arrivé à ses deux sœurs aînées ! Elle se marie d’abord et trouve l’amour ensuite !

3#-Beatrix et ses animaux : La plus jeune des filles Hathaway loge également au Rutledge Hotel et elle a amené avec elle quelques uns de ses amis à poils. J’ai adoré sa discussion avec Poppy quand elle compare chacun des membres de la famille à un animal ! C’est plutôt bien trouvé ! Il faut dire que la jeune fille est tout aussi intelligente que le reste de la famille et même si elle préfère être auprès des animaux, il n’empêche pas moins qu’elle est très observatrice et va vite comprendre que Harry le chat est parfais pour Poppy la lapine, mais il faudra que la lapine montre au chat qu’elle ne se laisse pas faire et qu’elle ne fait pas partie de ses prochaines proies…..Le passage avec le singe en cavale est aussi très amusant et est aussi très positif pour l’image que les deux jeunes femmes donnent des femmes ! Oui, une femme peut être courageuse et peut réfléchir à des plans stratégiques pour récupérer un singe effrayé qui a décidé de se réfugier en haut du monte-charge…..

Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! 
4#-La surprise du lien de parenté entre Harry et Catherine Marks : Alors là, c’est vraiment la surprise et on peut se dire que le monde est petit (encore une fois !) ! Comme pour Cam Rohan et Kev Merripen, qui sont frères, et bien Harry et Catherine ont la même mère….Bon après, vu le genre de mère que c’était cela ne doit pas trop les ravir qu'elle ait pu engendrer d'autres enfants - d'autres victimes - qu'eux-mêmes….Si Harry a grandi en Amérique auprès de son père, après le départ de sa mère quand il avait seulement 4 ans, Catherine, elle, va naître en Angleterre quelques années plus tard, lors d’une liaison amoureuse de sa mère avec un sale type qui la refilera ensuite en pension chez sa mère et sa sœur….Et on ne peut pas dire que la grand-mère et la tante de Catherine soient des modèles d'éducation puisque l’une est mère maquerelle et l’autre prostituée dans un bordel….Et pourquoi la mère de Catherine ne s’en occupe pas ? Et bien parce que celle-ci est sur le point de trépasser, victime d’une maladie incurable (cancer ? Syphilis ?....Bref, elle va bientôt crever)….Harry et Catherine ne s’entendent pas particulièrement bien quand ils se retrouvent enfin dans ce tome après des années sans s'être jamais revus, enfin, à vrai dire, c’est surtout Catherine qui est beaucoup sur la défensive alors que son demi-frère l’a sauvé des griffes de sa grand-mère quand elle avait 15 ans et l’a envoyée étudier très loin de Londres et lui a donné une dote mensuelle pour survenir à ses besoins….Oups, je m’excuse, chers lecteurs de ma chronique, mais comme au moment où j’écris, j’ai presque terminé le tome final de la saga, je ne sais plus si les origines de Catherine sont expliquées dans le 3ème ou 4ème…Heureusement que cette partie est en spoilers du coup ! Enfin bref, Harry ne s'est jamais trop préoccupé de sa demi-soeur, et celle-ci le prend pour un sale séducteur égoiste (et je précise que Catherine a une image très négative des hommes, surtout des séducteurs, Leo Hathaway peut en témoigner !). Bref, les retrouvailles sont glaciales et Catherine est totalement contre le fait que sa jeune protégée Poppy tombe dans les bras de Harry (personne ne sait à ce moment là qu'ils partagent un lien de parenté). 

« — Catherine. Tu as bonne mine. 
— Va au diable, répliqua-t-elle très calmement. Il sourit. 
— J'imagine qu'à tes yeux, je suis le diable en personne, dit-il, et, désignant l'autre extrémité du canapé sur lequel elle était assise : Puis-je ? Elle hocha la tête et attendit qu'il se fût installé, avant de demander: 
— Pourquoi m'as-tu fait venir? 
— N'as-tu pas trouvé la scène de ce matin fort réjouissante? Tes petites Hathaway sont un vrai régal. Catherine se tourna vers lui. D'ordinaire, Harry excellait dans l'art de cacher ses pensées, mais ce matin... il avait contemplé Poppy avec un désir à peine dissimulé. Et cette dernière serait bien incapable de se défendre contre un homme tel que lui. 
— Je ne souhaite pas parler des Hathaway avec toi, répliqua-t-elle sèchement. Et je préférerais que tu gardes tes distances avec elles. 
— Dois-je prendre cela comme une menace? s'enquit-il, une note d'amusement dans la voix. 
— Je ne te laisserai pas faire de mal à quelqu'un de ma famille. Il haussa les sourcils. 
— Ta famille ? Tu n'as pas de famille. 
— Je voulais parler de la famille pour laquelle je travaille, précisa Catherine avec une dignité glaciale. Et plus précisément des jeunes filles dont j'ai la charge. En particulier Poppy. J'ai vu comment tu la reluquais, ce matin. Si tu t'avisais de lui faire du mal, de quelque façon que... 
— Je n'ai aucunement l'intention de faire du mal à qui que ce soit. 
— Quelles que soient tes intentions, cela arrive, non? rétorqua Catherine. Elle constata que son trait avait porté, car il plissa les yeux. 
— Poppy est trop bien pour toi, poursuivit-elle, enfonçant le clou. Et, de toute façon, elle n'est pas à ta portée. 
— Je ne connais pas grand-chose qui ne soit pas à ma portée, Catherine ».

5#-Une anecdote du passé des Hathaway : Vu que nous suivons une fratrie dont l’aîné n’a même pas 30 ans, il est intéressant de lire des passages du passé de cette famille. Ici Poppy se confie à Harry sur sa peur des armes à feu à cause de l’accident mortel qui a touché son oncle alors qu’elle était petite fille. J’ai trouvé ce passage très poignant et cela me fait réaliser que c’est vraiment triste que les Hathaway n’aient plus d’ascendants au-dessus d’eux pour partager leurs joies et leurs peines (bon, en même temps, au XIXème siècle les centenaires étaient rares pour ne pas dire inexistants !). Quant au fait qu’elle se confie à Harry, et bien, cela montre à quel point elle lui « fait confiance » en lui ouvrant ainsi son cœur….Et quand Harry lui confie qu’il adore l’écouter parler et raconter ses anecdotes, c’est vraiment très romantique car ce genre d'homme était rare à cette époque ! (et ça l'est encore dans certaines régions du monde où les femmes sont traitées comme des sous-merdes...). 

« Comme il tendait la main pour se saisir de l'arme, Poppy eut un mouvement de recul violent. 
— Qu'y a-t-il? s'inquiéta-t-il, constatant qu'elle avait pâli. C'est le fusil ? Vous avez peur des armes à feu? Elle hocha la tête, visiblement incapable de répondre. Constatant qu'elle tremblait, Harry referma spontanément les bras autour d'elle. Sa réaction l'étonna lui-même - d'où diable lui venait ce besoin presque instinctif de la protéger? 
— Tout va bien, murmura-t-il d'un ton apaisant. Il avait l'impression d'avoir toujours désiré ce moment - sans même en avoir conscience. 
— Cullip, ajouta-t-il sans élever la voix, la carabine ne sera finalement pas nécessaire. Remettez-la à sa place. 
— Bien, monsieur Rutledge. La jeune femme ne quittait pas le refuge de ses bras. Son abandon avait quelque chose de charmant. Et son parfum était on ne peut plus enivrant. 
— Tout va bien, répéta-t-il, lui caressant le dos en décrivant des cercles. L'arme est repartie. Je suis désolé qu'elle vous ait fait peur. Poppy s'écarta. Elle était maintenant rose de confusion. 
— Non, c'est moi qui suis désolée, je... D'ordinaire, je ne suis pas aussi impressionnable. Mais là... je ne m'y attendais pas. Il y a quelques années... Elle s'interrompit, l'air mortifié, puis lâcha dans un souffle : 
— Me voilà encore surprise en flagrant délit de bavardage. Mais Harry ne demandait qu'à l'écouter. Bizarrement, il trouvait passionnant tout ce qui sortait de sa bouche 
— Racontez-moi, dit-il doucement. Poppy eut un geste d'impuissance, avant de capituler. 
— Quand j'étais petite, j'adorais mon oncle Howard, le frère de mon père. Comme il n'avait ni femme ni enfants, il reportait toute son affection sur nous. Un sourire mélancolique flotta sur ses lèvres à ce souvenir. 
— Oncle Howard était très patient avec moi, reprit-elle. C'était le seul à supporter mon incessant babillage. Il m'écoutait comme s'il avait tout son temps. Un matin, il vint nous rendre visite alors que papa était parti à la chasse avec quelques hommes du village. À leur retour, nous nous portâmes à leur rencontre, oncle Howard et moi. Mais l'un des fusils des chasseurs était resté chargé, et le coup partit accidentellement. Cela a eu lieu il y a des années, mais la détonation résonne encore dans ma tête. Elle marqua une pause. Ses yeux brillaient de larmes contenues. 
— Oncle Howard s'effondra à côté de moi. Il y avait du sang partout. Je me suis agenouillée, et je lui ai demandé ce que je devais faire. Il m'a répondu d'une voix à peine audible que je devais me conduire en bonne petite fille pour que nous puissions nous retrouver un jour au paradis. Elle se racla la gorge, puis soupira : 
— Pardonnez-moi. Je parle décidément trop. Je ne... 
— Non ! la coupa Harry, submergé par une émotion qui le surprenait lui-même. Je pourrais vous écouter pendant des heures. Elle battit des paupières, prise de court. 
— Depuis oncle Howard, vous êtes le premier homme à me dire cela ».

6#-Les obstacles sur la route de nos amants : Bon, ok, le premier que je vais citer n’est pas forcément un obstacle puisqu’il s’agit du prétendant éconduit de Poppy, Michael Bayning. Ce jeune aristocrate m’a fait pitié à certains moments, notamment le jour du mariage de Poppy avec Harry mais en même temps, s’il avait voulu se battre pour la reconquérir, il n’avait qu’à le faire ! Le fait qu’il courtise la jeune femme en secret pendant des mois, pour ne pas que son père l’apprenne, n’augurait rien de bon, de toute manière ! Surtout qu’en plus, quand son père lui demande de choisir entre sa fortune et Poppy, il fait vite le choix ! Bref, Michael Bayning est juste un homme un peu lâche qui ne sait pas trop ce qu’il veut et forcément, face à la détermination de Harry, évidemment, il ne faisait pas le poids…..Notre couple va aussi trouver d’autres obstacles car si Poppy est une jeune femme sans histoires, ce n’est pas le cas de Harry qui, de par sa fortune et son intelligence, s’est fait de nombreux ennemis ou des personnes qui souhaiteraient profiter de son don unique en matière de créations d’inventions, notamment pour les armes de guerre….Si Harry n’avait pas rencontré Poppy, il aurait sans doute fait fortune dans l’armement dans les années à venir mais comme il sait que sa belle est traumatisée par les armes à feu, par amour pour elle, il va s’abstenir d’inventer des procédés uniquement destinés à faire encore plus de victimes sur les champs de bataille !

«— Petite sœur, avait-il répliqué à Poppy, comme disent les Roms, « un arbre qui ne voit jamais le soleil ne portera pas de fruits ». Je ne vois pas pourquoi Bayning ne pourrait pas demander l'autorisation de vous courtiser, et s'y livrer ouvertement, à la manière de n'importe quel gadjo. Poppy n'avait pas voulu le brusquer. 
— Cam, je sais bien que les Roms ont une façon... disons plus directe, de faire la cour... À ces mots, Amelia avait éclaté de rire. Mais Cam l'avait ignorée. Et Mlle Marks avait paru perplexe. Car elle ignorait que, chez les Roms, « faire la cour» signifiait souvent enlever une jeune fille, quitte à aller la chercher dans son lit. 
— Ne ris pas, Amelia, l'avait tancé Poppy. Regarde plutôt les faits: Winnifred et toi êtes mariées à Tsiganes. Léo est un séducteur notoire. Beatrix possède plus d'animaux que le zoo de Londres. Et je suis une catastrophe en société, car je suis incapable de tenir une conversation convenable. Dans ces conditions, est-il si difficile de comprendre pourquoi M. Bayning préfère prendre des pincettes pour annoncer la nouvelle à son père ? »

7#-La scène entre Leo et Catherine à la fin du livre : Bien entendu, dans la mesure où le prochain tome leur est consacré, l’auteure ne manque pas de nous donner l’eau à la bouche….J’ai gloussé à la lecture de ce passage….Décidément, j’apprécie de plus en plus Leo Hathaway ! Et pourtant, ce n’était pas gagné à la fin de ma lecture du 1er tome de la saga….

« Tandis que Winnifred tentait de lui en expliquer les raisons avec tact, Léo monta à l'étage. Mais au lieu de gagner sa chambre, il continua jusqu'au bout du couloir, tourna à droite, et frappa à une porte. Sans attendre de réponse, il entra. Catherine Marks fit volte-face en laissant échapper un petit cri. 
— Comment osez-vous entrer dans ma chambre sans... Elle n'acheva pas sa phrase. Léo avait refermé la porte et s'approchait d'elle. S'humectant les lèvres, elle recula jusqu'à ce qu'elle se cogne à sa coiffeuse. Ses yeux avaient pris la couleur bleu-gris de l'océan sous la tempête. Fixant Léo, elle s'empourpra légè- rement. — Pourquoi êtes-vous revenu ? demanda-t-elle d'une voix faible. 
— Vous savez très bien pourquoi. Il posa tranquillement les mains sur le rebord de la coiffeuse, de part et d'autre de la jeune femme, qui se retrouva prisonnière. Son parfum lui monta aux narines, et une bouffée de désir lui incendia les reins. 
— Catherine... nous devons parler de ce qui s'est passé ».

Pour conclure, C’est encore un sans-faute pour l’auteure américaine Lisa Kleypas qui nous narre ici les aventures sentimentales de Poppy,  la 3ème fille de la fratrie des Hathaway. Le fait que son futur mari, Harry Rutledge, soit un parfait inconnu qui n’est jamais apparu dans les précédents tomes apporte une bouffée d’air frais dans le récit. Il est intéressant de voir que Poppy s’était tracé un certain avenir au début de l’histoire, avec l’amour qu’elle portait à son prétendant Michael Bayning et que tout est balayé et remis en question, bien malgré elle quand elle fait la connaissance du sombre américain Harry Rutledge qui a décidé, pour eux deux, qu’elle sera une épouse parfaite pour lui. Du coup, oui, Harry peut choquer car il n’a rien à voir avec la plupart des héros habituels de romance même s'il est vrai que ceux décrits par l’auteure ont souvent un passé sombre ou un traumatisme à combattre....Ce fut donc particulièrement comique de voir débarquer Harry, ce filou égocentrique et sans scrupules, dans une famille où tout le monde s’aime et se soutient contre vents et marées ! Après, si Harry avait été moche l’histoire aurait sans doute tourné à la tragédie pour Poppy mais voilà, heureusement, notre héros est doté d’un physique très avantageux et très viril sans oublier son incroyable intelligence qui ne peut que s’accorder avec l’esprit éclairée de la jeune femme. D’ailleurs, Harry ne s’y est pas trompé, c’est seulement après quelques phrases échangées avec la demoiselle qu’il a compris qu’elle n’était vraiment pas comme les autres et qu’il pourrait avoir enfin quelqu’un qui serait son égal intellectuellement parlant ! Ce 3ème tome est plus urbain que les deux précédents dans la mesure où la majeure partie du récit se déroule à Londres, à l’hôtel qui appartient à Harry, mais rassurez-vous, nous avons aussi le plaisir de retourner à Ramsay House et d’y retrouver les autres membres de la famille ! La tentation d’un soir donne aussi la part belle à Catherine Marks, qui décidément, a plus d’un mystère sous le chapeau, et bien entendu à Leo Hathaway qui adoooore se chamailler avec elle et la faire enrager. Les scènes où ils sont réunis tous les deux sont intenses et il est fort à parier que le prochain tome qui leur est consacré va sans doute péter du feu de Dieu ! Bref, je confirme que je suis vraiment fan de la saga Les Hathaway et il m’est impossible de lire autre chose en ce moment tant je suis scotchées par leurs aventures sentimentales qui sont vraiment un régal pour mon cœur de grande romantique !



Ma note : 17,50/20

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