vendredi 6 novembre 2015

La vie de l'autre côté


Michèle Decker
Editions J'ai Lu (2007)
184 pages

Synopsis :
A l'occasion d'un héritage, une mère de famille plutôt terre à terre va voir son petit monde complètement chamboulé par l'intrusion de l'invisible dans sa vie. Tout commence par l'étrange impression de sentir la présence de son grand-père à ses côtés. Très vite, dans sa cave, c'est un soldat allemand qui la harcèle et lui transmet des messages par écriture automatique. C'est le début d'une série de communications stupéfiantes avec les esprits. Des dizaines de gens viennent la solliciter pour débarrasser leurs maisons d'esprits frappeurs ou font appel à elle pour des cas désespérés. Entre une vie domestique chargée et l'éducation des enfants, Michèle Decker va cultiver progressivement ses dons exceptionnels de médium et de guérisseur.

Flippant mais aussi rassurant, voilà comment je qualifierais ce livre….

Evidemment, il faut avoir un esprit ouvert et les septiques penseront que tout ceci n’est qu’un « ramassis de conneries »…..

Personnellement, je suis très ouverte aux choses du « paranormal » et ayant toujours été intéressée par le sujet depuis mon adolescence, je ne peux pas dire « je n’y crois pas », c’est clair…..Après, « j’aimerais y croire » et CROIRE à tout ce qui est raconté dans ce livre, mais malheureusement, comme beaucoup d’entre nous, je n’aurais sans doute la réponse à mes questions qu’une fois que je passerai l’arme à gauche !



Ce livre est FLIPPANT car on découvre en même temps que Michèle Decker, au début de son récit, qu’il existe quelque chose après la mort et que ce quelque chose peut se matérialiser sous diverses formes, notamment celui de personnes décédées qui n’ont pas réussi à « passer de l’autre côté » et qui continuent à « errer » dans notre « monde »…Sans parler des « entités » néfastes…..

Ce livre est RASSURANT car on apprend aussi que – à priori – la vie continue après la mort et que les gens que nous avons aimés et que nous avons perdus continuent à exister quelque part et surtout qu’ils sont HEUREUX car Michèle Decker insiste énormément sur les notions d’amour et de sérénité que décrivent les « morts » qui s’adresse à elle.

Pour la petite histoire, Michèle Decker était une femme au foyer ordinaire, s’occupant de ses trois enfants et de son jardin quelque part en Belgique quand les premiers phénomènes paranormaux se sont manifestés à elle. En réalité, si Michèle n’a jamais été une catholique pratiquante, elle reste ouverte et finalement « réceptive », un don qu’elle a hérité de sa famille (on apprend à demi-mot dans le livre que son père aussi pouvait ressentir des choses, même s’il n’a jamais mis son don en exercice ). Et c’est un beau jour de 1984, par le biais de son grand-père décédé qu’elle va d’abord constater qu’il existe un « au-delà ».

Dans son livre, Michèle Decker aborde plusieurs anecdotes. Ses premières « missions », les cas qui l’ont le plus marquée ou émue (notamment les enfants décédés qui se manifestent auprès d’elle). Elle nous parle aussi de sa famille.
On ressent un très grand amour entre elle et son père. Celui-ci va la soutenir énormément (le reste de sa famille aussi, mais son mari, par exemple, est au boulot toute la journée donc, tout naturellement Michèle se tourne vers ses parents à la retraite quand elle a besoin d’aide, par exemple, pour garder ses enfants quand elle part « en mission »). Son père sera d’un grand soutien de son vivant mais également après sa mort car nous apprenons son décès vers la fin du livre. Cependant, tout comme son grand-père, son père va devenir un « guide » spirituel pour Michèle et restera à ses côtés pour lui adresser régulièrement des messages de l’au-delà. Michèle nous parle aussi de ces messages qu’elle reçoit en écriture automatique, ces textes d’aspect et de contenus « scientifiques » et incompréhensibles pour elle mais qu’elle a soumis à certains chercheurs….Si certains lui ont rit au nez, d’autres ont pris ses écrits au sérieux…..Malheureusement, à ce niveau là, nous n’en saurons pas plus (dans ce livre, en tout cas)……De plus, après quelque clics sur internet, j’ai appris que Michèle Decker nous avait malheureusement quitté en 2007, suite à un cancer…..Certaines questions resteront sans doute à jamais sans réponses…..

"Le hasard fait bien les choses. Quelque fois, on dit l'inverse. Pour moi, désormais, chaque élément et chaque événement occupent une place précise dans le visible et l'invisible. Même l'idée que je me fais de la mort a changé. Je crois désormais que mourir signifie simplement passer d'un état vital à un autre. Curieusement, ce passage peut même avoir quelque chose de vivifiant ; il peut générer sérénité et harmonie. Je dis ignorer pourquoi j'ai été 'choisie' pour ce destin, j'ignore pareillement de quoi sera fait mon avenir. Suis-je censée aller 'plus loin' encore ? Mystère. Ce dont je suis profondément persuadée, c'est d'avoir reçu une sorte de fonction à occuper, une mission à accomplir, à laquelle je me consacre de toute la force de mon âme, au mieux de mes capacités. Tout a commencé, en fait, le jour où j'ai hérité la maison de mes grands-parents. Beaucoup de gens héritent. Et tous les jours. Pour autant leur existence ne prend pas la tournure d'une histoire fantastique ! Dans mon cas, cet héritage a tout changé. Il a couvert une expérience à la fois belle et difficile. Car depuis, mon quotidien se déroule 'de ce côté-ci' de la vie, en même temps que 'de l'autre côté'".

Ce que je retiens de ce livre :
Les personnes décédées dans d’horribles conditions n’arrivent généralement pas à « accéder à l’au-delà » et restent prisonnières dans leur souffrance et leur désarroi. Par exemple, le soldat allemand de la Seconde Guerre Mondiale qui « vivait » dans la cave de Michèle, ou le soldat français de la Première Guerre Mondiale qui est resté « accroché » à son fusil, ou encore ces pauvres gens morts de la peste noire au Moyen-Age ou enfin ce pauvre petit bébé de 2 mois jeté au fond d’un puits…..D’après les explications de Michèle dans son livre, la notion de temps n’existe pas chez les morts.

Certains morts ne savent pas qu’ils sont morts : Comme quoi, dans certaines séries, certains films, certains livres, nous avons ce sujet abordé et il serait donc « vrai »…..certains morts ne se rendent pas compte qu’ils sont morts et continuent à effectuer des tâches quotidiennes (comme le paysan qui continue à travailler sa terre)…..C’est très déstabilisant de lire cela ! « je vois des gens morts qui ne savent pas qu’ils sont morts » (ça vous rappelle un certain film avec un certain Bruce Willis…hum hum….).



Les animaux, les végétaux et même les minéraux ont une âme : J’ai adoré le passage des animaux fantômes qui continuent à être auprès de leur maître au-delà de la mort. Les arbres ont une place très importante dans le cœur de Michèle et cela depuis sa plus tendre enfance et on apprend énormément de choses intéressantes à ce sujet là dans son livre. Il y a aussi les animaux vivants qui « voient » les fantômes, les animaux sujets de malédictions (comme les vaches ou le taureau dans le livre). Michèle a une relation particulière vis-à-vis de tout ce qui vit et elle apporte son amour à tous ces êtres (par exemple toutes les âmes de ces dizaines et dizaines de pauvres chats massacrés par un fou)…..

Il existe des guides, des êtres bienveillants qui « protègent » les vivants. Michèle évoque notamment Saint Michel, pour les prières qu’elle donne aux esprits torturés afin de les libérer. Faut-il être catholique pour croire aux archanges et autres anges gardiens ? Il y a aussi des guides qui sont tout simplement des membres de votre famille et qui continuent à vous protéger.

Quand un être cher meure, ne pas le retenir par « la trop grande tristesse » que l’on ressent mais penser à lui de manière aimante et heureuse : Plus facile à dire qu’à faire, quand on vient de perdre un proche, vous allez me dire !....Et je ne sais pas si ce livre peut être perçu négativement (ou au contraire réconfortant) par quelqu’un qui le lirait en pleine période de deuil. Pour ma part, je ne suis pas dans ce cas là, du coup, j’absorbe cette information avec une grande neutralité tout en me disant que finalement, cela est plutôt logique. Michèle traite plusieurs cas dans son livre, notamment avec des enfants décédés qui lui demandent de transmettre un message à leurs parents dont la tristesse immense les retient malgré eux « sur Terre » et les empêche de partir vers la suite de leur « évolution »…..(vous remarquerez que je ne parle pas de Paradis, d’ailleurs, Michèle Decker n’en parle pas non plus). Michèle insiste bien, quand elle s’adresse aux vivants que ceux-ci ne doivent plus pleurer cet être cher mais penser à lui avec amour ou tendresse.

Une réponse à une question que je me pose depuis longtemps : Je sais, je suis peut-être un peu morbide, mais dans l’une de mes précédentes chroniques, j’avais évoqué le fait d’être un cerveau droit et donc de « penser et cogiter beaucoup ». Et du coup, cela fait des années et des années que je me pose des questions sur l’au-delà et notamment, si cet « au-delà » existe, comment font les enfants en bas-âge, pour «vivre» là-bas, puisque dans la « vraie vie », ils sont totalement dépendants de leur mère (notamment), puisqu’ils ne peuvent pas parler, pas manger, pas marcher tout seuls etc…..Et bien Michèle Decker explique que lorsque un bébé meurt, il est pris en charge « de l’autre côté » par d’autres « êtres » qui vont s’occuper de lui (cela peut même être des enfants un peu plus âgés)….Bon ok, ça parait fou quand j’écris ça (et quand je l’ai lu dans le livre) mais c’est aussi rassurant dans un sens !.....Mais après, j’ai une autre question (qui reste, elle, sans réponse) : est-ce que le bébé reste définitivement bébé ou il grandit ?......En écrivant ces lignes, je me rends compte que toutes ces questions apportent d’autres questions et que cela devient absurde et étrange…..C’est bizarre….Idem, les gens qui meurent vieux, ou qui sont handicapés, aveugles etc….Est-ce qu’ils restent dans cet état là dans « l’au-delà » ? Idem pour les gens « moches », ils restent toujours moches ? Et les fous, ils restent fous ?.......Ce serait con, quand même, non ?!! Après, il faudrait savoir s’ils restent physiquement dans une apparence particulière ou s’ils sont juste un amas de lumière, de particules, que sais-je encore !.....En tout cas, quand Michèle Decker voit des « fantômes », par exemple, une petite fille et sa grand-mère qui sont décédées toutes les deux à une semaine d’intervalle, ces deux « entités » lui apparaissent sous leur apparence du moment où elles sont mortes (afin que Michèle aille rassurer la mère de la petite fille qui est en double deuil, du coup)……Alors, après, quand le message est passé, et que les deux « esprits » peuvent « évoluer » vers leur nouvelle existence, restent-elles, l’une une gamine, et l’autre une vieille dame ?....Grande question, n’est-ce pas !

Le rôle des religions : Michèle Decker pratique clairement la religion de l’amour et de la bienveillance. Née catholique mais non pratiquante, elle s’adresse néanmoins à ce « Dieu » qui est amour et fait aussi appel à certains anges, tel que l’archange Saint Michel (qui est le Saint Patron de la France, je vous le rappelle !). On comprend bien dans son livre, elle l’évoque, d’ailleurs, que les religions (monothéistes) telles qu’elles existent à notre époque actuelle véhiculent un mauvais message. Je suis totalement d’accord avec elle. Dans mes mauvais jours, je dirais même que nous nous dirigeons vers l’obscurantisme le plus total (entre les fous qui veulent faire péter la planète, ceux qui veulent égorger tous les infidèles, ceux qui ne croient qu’au Dieu « Pognon » et ceux qui tuent la nature à petit feu pour faire du profit à court terme, on est mal barrés…..Comment sera le monde en 2050 ?….Moi, j’aurai 72 ans alors peu importe, mais pour mes enfants - qui auront à peu près l’âge que j’ai maintenant - et mes futurs petits-enfants, qu’allons-nous leur laisser ?....). La manière dont Michèle Decker parle des animaux, des arbres, de la nature en général, du respect des morts, cela me fait penser à la religion japonaise Shintoïste. Moi-même, je respecte énormément la vie quelle qu’elle soit (je ne tue que les moustiques, et encore, quand j’y suis obligée !), j’aime toucher le tronc des arbres et lever la tête pour regarder leurs branches et la lumière du soleil qui passe à travers….Je me sens connectée avec cette nature, totalement….. Je respecte aussi les morts. Je pense qu’il est essentiel d’avoir une pensée pour ceux que nous avons perdus et pour les morts qui nous arrivent aux infos, par exemple. Contrairement à certaines familles où la mort est tabou (par exemple, dans la famille de mon mari, on ne parle jamais de son grand-père, on ne regarde jamais de photos) alors que dans ma famille, on évoque des anecdotes de nos disparus, on rit à ces souvenirs. Cela fait du bien car ils existent un peu encore, quelque part…. En parlant de ma famille, j’ai grandit auprès d’une mère qui évoque Saint Médard dès qu’il pleut en chantonnant une petite chanson. Combien de fois ne l’avons-nous pas fredonnée cette petite chansonnette, mon frère jumeau et moi-même avec ma mère quand enfants, nous étions surpris par la pluie lors de promenades et que nous attendions patiemment que l’averse s’arrête ! J’évoque aussi Saint Antoine lorsque j’ai perdu un objet et que je le recherche activement. Maintenant moi-même mère de famille, je transmets ces « croyances » à mes enfants. Ce n’est pas du fanatisme bête et méchant, du mysticisme stupide. C’est juste une transmission de traditions. J’aime à croire qu’il existe un monde « merveilleux » quelque part, si cela ne fait pas de bien, cela ne fera pas de mal non plus !…..Tout comme je me suis mariée dans une abbaye millénaire qui a connut jusqu’à l’invasion des Vikings vers l’an 900 (j’habite en Normandie, je le rappelle). Cette même sublime abbaye qui a vu des dizaines et des dizaines de générations de croyants a accueilli le baptême de mes deux enfants. Je ne suis pas catholique pratiquante et il y a certaines choses qui me gênent dans la religion imposée par les hommes (je dis bien « homme », comme genre masculin, pas comme être humain), et c’est clairement le défaut de toutes les religions monothéistes qui nous sont imposées par les « bonhommes »….mais je trouve aussi qu’il est bien de respecter certaines traditions. S’inscrire dans une espèce de patrimoine familiale et culturel. Un arbre peut pousser et s'épanouir pleinement s’il a les racines profondément ancrées dans la terre. Mes racines à moi, elles sont solides. Et si la société va mal c’est sans doute parce que certains individus manquent cruellement de repaires et de racines…..Après, il y a aussi de leur part une certaine propension à la victimisation et à au manque de courage et d’honneur mais bon, ça, c’est un autre débat…. « Comme on fait son lit, on se couche », comme on dit !

Dernière chose importante à préciser : Michèle Decker ne s’est jamais fait payer pour « aider » les gens qui sont venus la trouver. C’était totalement bénévole de sa part. Malheureusement pour elle, son talent a vite fait parler autour d’elle et elle a dû aussi subir la jalousie et la méchanceté de certains mais également la fatigue de trop nombreuses sollicitations de personnes en difficulté et dont elle ne pouvait pas refuser d’offrir son aide, au détriment, finalement, de sa santé…..

"Quelle surprise ce fut, pour moi, de découvrir le nombre de personnes concernées ! Toutes ces âmes en détresse qui ne savaient vers qui se tourner. Tant de phénomènes invisibles traversant leur vie. J'avoue que je n'avais jamais soupçonné l'importance du phénomène".

"Ma déception, en revanche, est venue des réactions d'envie et de jalousie suscitées par mon succès. Mais il en va toujours ainsi lorsque quelqu'un éveille de l'intérêt. Il n'y a là rien de paranormal. Ce sont des phénomènes tout à fait ordinaires, hélas ! Il faut les prendre comme ils viennent. Comme on prend aussi les bonnes choses. En tout cas, c'est ma philosophie de la vie".

Mon seul regret dans ce livre et qui fait défaut à TOUS les témoignages que j’ai pu lire sur ce sujet depuis mon adolescence quand j’ai commencé à m’y intéresser, c’est qu’il n’y a pas descriptions concrètes de cet au-delà. A quoi cela ressemble-t-il ? Le temps s’écoule de quelle manière ? Tous les êtres vivants qui ont vécu sur la Terre y accèdent-ils ? Si oui, et les dinosaures alors, ils y sont aussi ? Et si on comptabilise tous les humains depuis, allez, l’homme de Cro-magnon, ça doit faire un paquet de monde au « Paradis », alors ? La réincarnation existe-t-elle, pour « désengorger » la foule d’âmes là-haut ? Et l’Enfer ? Les gens qui tuent, qui violent, qui sont malfaisants et haineux envers les autres de leur vivant ? Où vont-ils ? Vous ne trouverez pas de réponses à ces questions dans ce livre. Juste des témoignages au cas par cas des situations dans lesquelles Michèle Decker s’est retrouvée dans sa fonction de médium.

En conclusion, "La vie de l'autre côté" de Michèle Decker est un livre vraiment très intéressant. Je ne le conseille pas si vous êtes tout seul chez vous, à le lire la nuit car il est quand même un peu effrayant (si vous croyez au paranormal), néanmoins, c’est assez instructif de découvrir le parcours d’une femme qui se révèle médium et qui finit par accepter l’existence du monde « de l’au-delà ». Michèle nous a quitté en 2007, à la suite d’un cancer. Si vous croyez ou si vous aimeriez bien croire en tout ce qu’elle raconte dans son livre, il est fort à parier que vous pouvez vous rassurer en vous disant qu’elle est maintenant auprès de son père, de son grand-père et de tous les gens qui l’aiment et qu’elle continue toujours à exister quelque part…..Du coup, depuis 2007, ce qui est dommage et qui aurait pu apporter un plus à son témoignage, c’est qu’elle se manifeste elle-même dorénavant auprès d’un autre médium par delà la mort et nous raconte à son tour ce qui se passe dans l’au-delà…..Cela arrivera peut-être un jour ? En tout cas, je laisse à chacun le droit de se faire sa propre opinion sur ce livre. La question de l’existence d’un au-delà et de la « survie » de nos êtres chers par delà leur trépas est un sujet épineux et sensible. Nous n’aurons sans doute nous-même la réponse qu’une fois après notre mort et c’est peut-être mieux ainsi, non ?.....



Ma note : 18/20


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