La Châtelaine et le Viking


Penny Watson Webb
Les Editions Harlequin (2014)
168 pages

Synopsis:
Depuis le massacre de ses parents par les Vikings, Aigline dirige le domaine d’Allier Morel ; mais une nouvelle attaque a lieu et elle assiste, impuissante, au meurtre de son frère. Pire, les envahisseurs la contraignent bientôt à épouser l’un des leurs, celui-là même qui a assassiné Cédric ! Consciente que la survie de ses gens dépend de son mariage, Aigline accepte de s’unir à Wulfric malgré la profonde haine qu’elle éprouve à son égard. Mais le Viking la surprend par son comportement étrange ; s’il la malmène pour la punir de son insolence, elle a pourtant l’impression qu’il tente de l’apprivoiser. Et s’il n’était pas le barbare insensible qu’elle redoutait ?

J’aime à penser que j’ai sans doute des ancêtres vikings vu que je suis normande d’aussi loin que nous avons pu remonter l’arbre généalogique de la famille et en plus de cela, je me suis mariée dans une abbaye qui fut un monastère féminin fondé vers la fin de l’an 600 et fut ensuite détruit par les Vikings au IXème siècle pour renaitre de ses cendres en 1025….Alors oui, les histoires de vikings me fascinent avec leurs mythes et légendes et leur culture guerrière mais non, je n’avais jamais lu de romance historique les concernant !.....C’est maintenant chose faite avec La châtelaine et le Viking écrit par l’auteure française Penny Watson Webb qui s’est spécialisée dans les romances historiques – peu importe l’époque – et qui, je dois le dire, arrive toujours à me happer dans ses récits !

Ce livre est certes un peu court, avec seulement 168 pages, mais il a le mérite de mettre en lumière une époque de l’histoire de « France » qui n’est que peu ou prou évoqué dans les cours d’histoire….A ce propos, personnellement, je pense que l’Education Nationale devrait réserver quelques heures aux élèves pour apprendre l’histoire de leur région….Bon, en même temps, étant fan d’histoire, et adorant les sorties et visites dans la nature, vous vous doutez bien que je n’attends pas grand-chose de l’Education Nationale et que je préfère montrer moi-même les richesses de notre patrimoine…. 

Le récit de La Châtelaine et le Viking est narré à la 3ème personne du singulier et nous suivons Aigline, une jeune femme noble qui a perdu ses parents quand elle était enfant (sa mère a été massacrée par des vikings) et qui dirige son château et ses gens avec son frère ainé….L’idée du mariage ne la botte pas trop car elle devra quitter le domaine familiale et perdra sans doute toute liberté pour devenir uniquement une poulinière pour son futur mari, un noble voisin, Bertrand de Caen, dont les fiançailles ont déjà été parlementées avec Cédric, le frère ainé d’Aigline….

« Elle avait hérité de la beauté de sa mère, mais c’était de son père que lui venaient ses qualités de cœur, son courage et sa fierté. Elle veillait avec abnégation sur chacun au château, où elle tenait le rôle d’administratrice, solidement secondée par Simon, l’intendant de son père. L’évêque de Lisieux, son oncle, et son frère Cédric la laissaient gérer le domaine et les réserves, car elle était bonne gestionnaire et tenait les registres à jour ».

« Les villageoises se référaient à elle et en avaient fait la présidente du conseil des femmes ; elles y réglaient les problèmes de voisinage et les soucis domestiques. Aigline avait fédéré les femmes du pays et toutes, à tour de rôle, venaient baigner leurs enfants dans les grandes cuves qui se trouvaient derrière les cuisines du château ; elles y faisaient même leur lessive pendant l’hiver, si le lavoir gelait. Ces réunions leur permettaient de prendre des nouvelles les unes des autres et de s’entraider lors d’une grossesse, d’une maladie ou d’un deuil. Ainsi Aigline se tenait-elle informée de tout ce qui se passait dans le pays ».

« Elle s’était disputée maintes fois avec Cédric à ce sujet, affirmant qu’elle ne voulait pas se marier, que sa vie était à Lisieux, avec les gens qu’elle aimait. Mais son frère était resté sourd à ses supplications. Elle avait même essayé de le convaincre d’épouser la sœur de Bertrand, qui se trouvait à la cour du roi, mais il avait déjà des vues sur la fille d’un seigneur, du côté nord de la Seine. Il avait été formel : c’était Bertrand ou le couvent. Même l’intervention de leur oncle n’avait pu le faire renoncer à ce projet de mariage ; il avait trop à gagner dans ces alliances. Aigline connaissait trop le caractère borné et fier de son frère pour espérer qu’il se ravise. C’était donc à contrecœur qu’elle s’apprêtait à signer le contrat qui la lierait à Bertrand pour la vie.   Elle s’inquiétait un peu de cette union, car Bertrand était de la même trempe que Cédric ; il s’emportait facilement et pouvait se montrer violent. Par ailleurs, elle se demandait si elle aurait un rôle à Caen. Pourrait-elle y exercer les mêmes fonctions qu’à Lisieux ? Elle en doutait fort. Elle n’avait pas oublié l’air dédaigneux de Bertrand quand elle lui avait dit qu’elle tenait les registres du domaine. Son rôle consisterait plus probablement à subir ses assauts nuit après nuit, jusqu’à ce qu’elle lui ait donné suffisamment d’héritiers. Cette perspective ne l’enchantait guère, mais elle se consolait en se disant qu’avec les enfants et Marielle, elle connaîtrait un peu de bonheur ».

Seulement voilà, des Vikings arrivent un jour pour prendre possession du domaine (accordé par Charles le Roi de France, qui n’avait pas trop le choix non plus, remarquez…) et du coup, Cédric le frère d’Aigline va mourir sous l’épée d’un féroce guerrier, Wulric, qui va vite revendiquer la jeune femme, primo parce qu’elle est très belle avec ses longs cheveux noirs et ses yeux verts qui la font ressembler à un chat, et deuxio, parce que notre héroïne est une sacrée combattante et a réussi à tuer plusieurs vikings grâce à son arc….et pour un mâle viril comme Wulric, il va de son honneur de dompter cette tigresse…en l’épousant (de force !)….

« – Je te concède les territoires de l’Andelle à la mer et tu arrêtes tes pillages, dit Charles.   
– Vous voulez Rollon comme frontalier ? demanda alors Wulfric, intervenant pour la première fois.   
– Qui es-tu ? rétorqua le roi.   
– Wulfric Torkelson, un de mes jarls…, répondit Rollon à sa place ».

  
Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-Les diverses romances : En plus d’Aigline, nous suivons sa cousine Marielle et Perrine la jeune guérisseuse du village qui vont, elles aussi, taper dans l’œil des « lieutenants » de Wulric…..Leur imposante stature et leurs apparence de guerriers vikings vont d’abord terroriser les jeunes femmes mais au fur et à mesure des jours passés à leur côté, elles vont finir par tomber sous le charme….Grâce notamment à Bjorn qui est de bon conseil auprès de ses deux compères, ainsi que de Rollon, qui a lui aussi succombé au charme d’une noble française 20 ans auparavant et qui sait qu’un homme n’obtient rien d’une femme par la force et que rien ne vaut la gentillesse et la séduction…..

« Elle refusait de leur montrer sa peur et planta ses yeux dans ceux du guerrier que les autres appelaient Wulfric et qui semblait être l’un des chefs. Elle remarqua qu’une cicatrice lui barrait le front et descendait au-dessus de son œil gauche. Ses yeux perçants étaient d’un bleu presque gris. Il était très beau malgré cette balafre. Cette marque accentuait même l’aura de danger qui se dégageait de lui et le rendait plus viril encore. Elle en fut troublée, mais son regard d’émeraude brillait toujours de colère et de haine ».

« – N’ayez crainte, dames, je vous raccompagne, fit Bjorn en souriant. Détendez-vous, dame Marielle, personne ne tentera plus de vous chahuter, j’en fais serment.   
– Je ne suis pas noble, messire, je ne suis que la suivante de dame Aigline, une lointaine cousine de Bretagne. Je ne puis prétendre au titre de « dame ».   La lumière des flambeaux faisait briller les reflets cuivrés de la chevelure de Bjorn et une lueur féline éclairait son regard. Mais malgré son allure imposante, il y avait en lui quelque chose d’indéfinissable qui rassurait.   
– Vous le mériteriez pourtant amplement, reprit Bjorn en lui prenant la main pour y déposer ses lèvres.   Marielle rougit devant cette audace et cacha sa main derrière son dos.   
– Je suis Bjorn, capitaine de messire Wulfric.   
– Bonsoir, messire, coupa sèchement Aigline en prenant Marielle par la main et en l’entraînant dans l’escalier.   Elle eut cependant le temps de voir Bjorn sourire dans la pénombre. De toute évidence, il avait jeté son dévolu sur sa cousine ».

« – Père ! dit-elle sans prêter attention à Sven, ne me cherche pas, je serai à la maladrerie toute la journée. Il y a encore de nombreux blessés.   Sven la regarda avec attention. Son regard s’arrêta d’abord sur sa démarche chaloupée et ses hanches rondes, puis remonta vers sa taille mince et sa poitrine opulente. Cette blonde était de toute beauté… Le vent d’été jouait dans sa chevelure lisse et pâle comme le sable des plages et ses yeux étaient bleus. Elle n’avait rien d’une beauté éthérée ; elle était sensuelle, charnelle, et il sentait son corps réagir à cette charmante apparition.   
– Cette femme est ta fille ? demanda-t-il à Simon.   
– Oui, répondit ce dernier. Et c’est aussi la guérisseuse du village…   Son visage s’était légèrement altéré. De toute évidence, le père s’inquiète de l’intérêt que je porte à sa fille, s’amusa Sven.   
– Belle et capable, commenta-t-il alors, en s’approchant de la jeune femme, tout en la dévorant des yeux. Considère que tu as un gendre, Simon l’intendant ! À ces mots, Perrine lâcha son panier, comme frappée par la foudre. Elle secoua la tête, reculant à chaque pas qu’il faisait vers elle, puis elle s’en fut à toutes jambes en criant.   Sven la rattrapa en deux enjambées et la plaqua contre lui, la maintenant fermement, mais sans lui faire mal. Il lui tira doucement les cheveux pour la forcer à lever son visage vers lui.   
– Je suis Sven, capitaine de la garde, et je te choisis pour épouse, ma jolie. Partir en courant n’y changera rien. Ça me donne juste envie de te courir après, dit-il en souriant.   
– Non ! Non ! Je vous en prie, lâchez-moi ! cria-t-elle en larmes, tout en se débattant comme une furie. 
– C’est un sort plus enviable que d’être jetée en pâture aux soldats, non ?   Elle se figea, terrifiée par ces derniers propos. Sven se tourna vers Simon qui approchait déjà pour s’interposer. 
– Tu as jusqu’à demain pour convaincre ta fille. Passé ce délai, je ferai les choses à ma manière. Si elle consent, je veillerai à ce que tu retrouves ta place d’intendant auprès de messire Wulfric. Tu as bien géré le domaine, Simon, il faudrait être fou pour congédier un intendant tel que toi.   Il lâcha Perrine qui s’écroula à genoux, les mains sur son visage.   Puis il se tourna vers ses hommes, ordonna le rassemblement en montant à cheval et partit en direction du donjon avec sa troupe ».

2#-La vie des normands de cette époque décrite par l’auteure : En plus de l’intervention dans le récit de divers personnages historiques qui ont vraiment existé (notamment Charles III, le roi carolingien de la France – enfin plutôt de la « Francie Occidentale »...- et Rollon, le chef Viking à l’origine du Duché de Normandie), nous suivons nos héros au tout début du Xème siècle (en 911 pour être plus précis, au moment du traité de Saint Clair du Epte – zieutez sur Wikipedia pour vous renseigner sur cette période…) et du coup, c’est fort intéressant de voir la manière de vivre des villageois et des nobles. Xxxx ? la jeune guérisseuse nous renseigne sur les plantes utilisées pour soigner les divers maux, nous apprenons aussi que les villageois étaient organisés de telle manière qu’ils allaient se réfugier dans des grottes prévus à cet effet lors des attaques surprises…..Comme nous suivons nos personnages sur plusieurs mois, nous assistons aussi aux récoltes des arbres fruitiers et de la manière dont ils procèdent pour les conserver et les stocker pour les durs mois d’hiver qui ne tarderont pas à venir….Dans La Châtelaine et le Viking, Il est aussi fait référence à la Touques, la rivière qui passe à côté du domaine de nos héros et cela m’a fait sourire car il n’a pas plus tard que le week-end dernier (le 18 novembre, plus exactement), j’étais avec mon mari et mes enfants à la merveilleuse foire aux arbres à Pont l’Evêque et la Touques, qui traverse ce village, était juste à côté du parking (et du coup, ça m’a fait penser à Aigline et Wulric !...). (Ah oui, et pour ceux qui se posent la question, nous avons trouvé plein d’arbres et d’arbustes à la foire aux arbres ! Notamment des pommiers Suntan, un amélanchier, des cornouillers rouges et jaunes, un saule tortueux, un eucalyptus gunnii et j’en passe….Le bonheur !!!!!).

« Charles se leva et vint se placer face à lui.   
– Prends cette terre et fais-en un fief inviolable ; je te donne ce que tu demandes et te nomme comte de Rouen, dit-il. Tu auras droit de haute et basse justice ainsi que les jarls à qui tu distribueras des terres. Convertis-toi, adopte notre religion et que tes guerriers en fassent autant s’ils veulent se mêler à la population locale. Que chacun de tes jarls me désigne les hommes à adouber. Il vous faudra des chevaliers pour commander vos garnisons.   
– La terre des hommes du Nord, la Northmannie…   Il tendit la main à Charles en gage de son accord. 
– La Normandie, reprit ce dernier avec l’accent franc, acceptant sa main tendue ».

3#-Les coutumes vikings : Si nous apprenons des détails sur la vie des paysans français de cette époque, ce livre nous permet aussi de connaître certains us et coutumes des Vikings comme le fait de ne pas faire de prisonniers mais tuer systématiquement les rebelles afin d’asseoir leur autorité….Aie aie aie ! Pas de pitié (certaines scènes étaient d’ailleurs à glacer le sang dans ce livre….), ainsi que les punitions pour les insurrections Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! Comme le passage où Aigline doit être punie d’avoir « caché la vérité » à Wulric et qui préfère recevoir des coups de fouet plutôt que d’avoir les cheveux coupés….J’avoue qu’à sa place, j’aurai préféré le contraire car les cheveux ça repousse alors que des blessures de coup de fouet, ça laisse des cicatrices à vie sans parler des risques de septicémie…Les antibiotiques n’existaient pas !.....Après, vis-à-vis de cette punition, même si je trouve cet acte cruel et injuste de la part de Wulric (surtout qu’il aime son épouse !) mais il fallait bien qu’il montre à ses hommes et aux villageois qu’il est le chef et qu’il doit être respecté par tous, y compris par sa femme qui lui doit obéissance et loyauté….

« – La Normandie, comme disent les Francs… Vous voilà donc Normands ! poursuivit Rollon. Chacun de vous recevra une terre et le titre qui va avec. Vous investirez les forteresses que je vous désignerai et vous les prendrez l’épée à la main si les nobles de Neustrie ne veulent pas obéir à leur roi. Vous épouserez les filles ou les veuves que vous voudrez.   
– Et s’il n’y a pas de filles à marier, plaisanta un des jarls.   
– Par Odin ! Choisis alors celle qui te plaît et fais-en une veuve ! répliqua Rollon en s’esclaffant.   Wulfric sourit à la plaisanterie, même s’il savait que ça n’en était pas vraiment une. Comme les autres, il prenait ce qu’il voulait à la pointe de son épée et tuait ceux qui se mettaient en travers de son chemin ». 

« Marielle et Perrine poussèrent de hauts cris en voyant Aigline ligotée, la robe déchirée et la mine défaite. Elles tentèrent de s’approcher d’elle, mais Sven leur barra le passage d’un geste de la main. Tous attendaient que le comte prenne la parole.   
– Le campement rebelle a été démantelé, commença Wulfric d’une voix forte. Ces hommes sont mes prisonniers et selon les lois en vigueur, ils seront exécutés pour haute trahison ! Aucune traîtrise, aucune rébellion ne seront tolérées sur mes terres ! Qu’on procède à la sentence !   Un silence de mort tomba alors sur l’assistance. Les femmes détournaient le regard et cachaient le visage de leurs enfants dans leurs jupes pour leur épargner cet horrible spectacle. Wulfric força Aigline à redresser la tête et à regarder. Les soldats de garde vinrent se positionner, un derrière chaque prisonnier et, au signal, leur passèrent l’épée en travers du corps. Certains d’entre eux se débattirent pour essayer d’échapper à leurs bourreaux, mais pas un ne fut épargné. Leurs cris de désespoir et de peur résonnèrent dans les oreilles d’Aigline.   Puis un des gardes fit avancer un chariot attelé et ses compagnons y déposèrent les corps.
– Aucun de ces traîtres ne recevra de sépulture ! Brûlez-les, continua Wulfric, impitoyable.   Puis le conseil prit place. Wulfric rejoignit ses capitaines. Sur le côté se tenaient cinq hommes tirés au sort pour être jurés.   
– Avancez, Aigline Allier-Morel… Que chacun puisse voir et entendre…   Aigline inspira profondément et, d’un pas ferme et la tête haute, vint prendre la place qui lui était désignée.   
– Vous êtes accusée de haute trahison, fit Wulfric d’une voix furieuse. Qu’avez-vous à répondre à cela ?   
– J’ai accepté de rencontrer Bertrand de Caen pour tenter de le dissuader de persister dans sa folie de rébellion. Je voulais qu’il y renonce et qu’il rejoigne Charles à Paris. J’espérais juste éviter un bain de sang, dit-elle en fermant les yeux ».

Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! La manière trop rapide dont Aigline a baissé les armes face à Wulric : Vu toute la hargne qu’elle a mis pour se défendre et montrer son mépris aux vikings je dois dire que j’ai été assez surprise de voir qu’ensuite, elle tombe assez facilement dans les bras de Wulric…Il ne faut pas oublier qu’il l’a violée lors de leur nuit de noces, qu’il l’a giflée également…Alors certes, à cette époque (et encore à notre époque, dans certains endroits du globe), les femmes ont le devoir d’être soumises à leur époux (et pour eux,  le terme « viol » est une aberration car la femme doit toujours être disponible pour son mari…), mais du coup j’aurai préféré qu’Aigline cède moins vite à Wulric….Elle avait commencé à le faire en restant immobile et inerte pendant quelques semaines lorsqu’elle devait remplir « son devoir conjugal » mais je trouve qu’il aurait été judicieux d’intégrer au récit un moment « dramatique » où Wulric se « sacrifie » pour elle pour lui montrer son amour et du coup, la conquiert totalement au niveau des sentiments….Là, il l’a juste « eue » à l’usure et sans doute aussi parce que c’est un beau mec….Je suppose que si Wulric avait été laid, Aigline lui aurait donné du fil à retordre plus longtemps car finalement, ce qui la poussait à « résister » c’était sa loyauté vis-à-vis de sa mère massacrée par des vikings 20 ans plus tôt et par le fait que le corps de son frère était à peine refroidi (et que c’est Wulric qui l’a tué, soit-dit en passant….).

Pour conclure, j’ai passé un très agréable moment de lecture en compagnie d’Aigline et de Wulric nos héros de La Châtelaine et le Viking. Les us et coutumes des gens de cette époque sont bien retranscrits dans le récit, tout comme les batailles et les moments dramatiques (comme l’exécution des prisonniers de l’armée adverse). L’auteure française Penny Watson Webb a fait des recherches très poussées avec l’intervention de personnages historiques qui ont vraiment existé (notamment Rollon, le Viking à qui je dois, clairement, d’être une Normande !) et qui nous font partager, nous lecteurs, l’Histoire avec un grand H, notamment la signature du traité de Saint Clair du Epte. En plus de la romance (compliquée) entre Aigline et Wulric dont nous suivons l’évolution sur plusieurs mois, l’auteure nous offre aussi des petites scènes romantiques entre d’autres jeunes femmes du domaine qui trouvent elles aussi leur viking beau et fort à aimer. Certes, ce livre ne comporte que 168 pages mais c’est suffisant pour s’évader durant quelques heures dans une époque totalement sous exploitée de nos manuels scolaires et pourtant si fascinante ! En tant que normande et descendante de Rollon (non, je déconne !!!), je ne peux que vous recommander ce livre, bien entendu !


Si vous avez aimé ce livre, vous aimerez peut-être aussi :