mardi 10 novembre 2015

Une Braise sous la cendre - Tome 1

Sabaa Tahir
Les éditions Pocket (2015)
Sortie originale 2015
523 pages 

Synopsis :
Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai." Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.



"Tu es une braise sous la cendre, Elias Veturius. Tu vas provoquer une étincelle et brûler, ravager et détruire. Tu ne peux pas l'empêcher".

"Laia. Tu es pleine de vie, de noirceur, de force et d'esprit. Tu fais partie de nos rêves. Tu brûleras, car tu es une braise sous la cendre, c'est ton destin. Etre espionne de la Résistance, ce n'est qu'une infime partie de toi. Ce n'est rien".

Je vais vous dire : Je me suis régalée à lire ce 1er tome de Une braise sous la cendre ! L'histoire est franchement passionnante, les personnages sont très charismatiques et aussi très attachants. Bon, évidemment, la trame principale ressemble beaucoup à d'autres histoires de ce genre (je n’ai pas beaucoup de références en Fantasy, mais je pense notamment à Red Queen, où les personnages principaux sont "ennemis" de par leurs origines et finissent par "bien s'entendre"....Si vous voyez ce que je veux dire...). Ici, dans Une braise sous la cendre, c'est pareil. Laia et Elias n'étaient pas censés être amis et s'attirer mutuellement et pourtant, c'est le cas, mais en plus de leur amitié naissante (et peut-être l'amoûûûr…), ils doivent aussi se préoccuper de survivre dans un univers très hostile aux règles et aux lois implacables....





Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-Le dépaysement total de cette histoire : En effet, nous sommes dans un roman de Fantasy, c’est clair et net ! Les personnages évoluent dans un monde qui peut nous paraître familier, vis-à-vis de l’Histoire avec un grand H (la Rome Antique, par exemple) mais il y a aussi des éléments surnaturels qui ajoute un petit plus à notre lecture (en même temps, c’est normal avec de la Fantasy !). Comme je lis rarement ce genre littéraire (pourtant j’aime bien !…Mais après, il y a tellement de choix de livres dans ma PAL et comme on dit : « choisir c’est renoncer » et je renonce souvent à la Fantasy pour lire à la place des histoires avec plus de romance….). Bref, quand j’ai commencé à lire Une braise sous la cendre, je me suis imaginée dans l’univers un peu à la Game of Thrones, puisque il n’y a pas de technologie moderne !

"Il y a cinq cents ans, les Martiaux ont conquis les terres des Erudits et, depuis, ils nous oppriment et font de nous des esclaves. Il fut un temps où l'empire des Erudits abritait les meilleures universités et les plus grandes bibliothèques au monde. Aujourd'hui, la plupart d'entre nous ne dont pas la différence entre une école et une armurerie".

2#-La multitude d’intrigues : Sincèrement, l’auteure, Sabaa Tahir, m’a épatée pour son imagination ! Elle fait intervenir un très grand nombre de personnages (en plus de nos deux héros Elias et Laia, qui alternent les chapitres de leur point de vue), du coup, l’évolution de l’histoire est immense, un peu comme les pièces d'un puzzle qui se mettent en place….Et malgré la complexité du récit, l’auteure a réussi à fluidifier le tout afin que nous ne soyons pas perdus ! C’est vraiment très bien pensé ! Bravo à l’auteure ! 

3#-La méchante bien gratinée : Aaaah ! Dans ce livre, nous avons un monstre, une femme totalement dénuée de sentiments qui se trouve être la commandante de l'académie militaire de Blackcliff et également la « génitrice » d’Elias (car on ne peut définitivement pas la qualifier de mère et d’ailleurs, elle déteste profondément son fils….). L’auteure ne nous épargne aucun détails des actes de cruauté de cette femme. Voilà un personnage que l’on aime à détester et qu’on espère souffrir atrocement dans le prochain tome !!! Quelle pourriture !!!!



4#-Les masques argentés des Masks : Je trouve cette idée de masque « magique » qui fusionne avec le visage de son propriétaire assez intéressant. Ce qui est le plus intrigant, c’est le fait que le masque d’Elias n’a pas totalement fusionné contrairement aux autres soldats son âge…..Et du coup, quand Elias veut sortir incognito et se fondre dans la masse des esclaves Erudits et d'autres populations, c’est très facile….Et comme il est beau garçon, ça ne gâche rien !

"Je touche mon propre masque, rêvant de l'arracher, même pour une minute. Comme mes camarades de classe, j'ai reçu le mien le jour où je suis passé Cadet, à l'âge de 14 ans. Mais contrairement aux autres élèves (ce qui inquiète Helene), le liquide argenté ne s'est pas dissous dans ma peau comme il aurait dû. Probablement parce que j'enlève ce fichu truc dès que je suis seul. Je l'ai détesté dès le jour où un Augure (un homme sacré de l'Empire) me l'a donné dans une boîte recouverte de velours. Je déteste la façon dont il se colle à moi comme un sorte de parasite. Je déteste la façon dont il s'enfonce dans mon visage, dont il se moule sur ma peau. Je suis le seul élève dont le masque ne s'est pas encore fondu avec lui - un détail que mes ennemis adorent relever. Mais dernièrement, le masque a commencé à se défendre, à forcer le processus de fusion en plantant des filaments dans ma nuque. Ma peau est différente, je ne me sens plus le même. Je ne serai plus jamais moi-même".

"Tout en marchant, je lui jette des coups d'oeil. Avec son masque et les murs de Blackcliff autour de lui, Veturius est un véritable soldat martial. Je n'arrive pas à faire le lien entre le Mask que j'ai devant moi et le beau jeune homme des tribus avec lequel j'ai dansé. Il a toujours su qui j'étais. Il savait que je mentais sur ma famille. Et même s'il est totalement ridicule de se soucier de ce que pense un Mask, j'ai soudain honte de mes mensonges".

5#-La formation très dure des soldats à Blackcliff : On pourrait croire que les Erudits soumis à la domination des Martiaux ont un sort peu enviable, mais en fait, ce sont surtout les soldats formés à Blackcliff, dès leur plus jeune âge, qui ont un destin terrible. Tous ces gamins qui vont subir énormément d’épreuves pour les « endurcir » et les faire se comporter comme des machines sans sentiments et états d’âme, c’est vraiment terrible ! (pour ceux qui survivent aux épreuves de leur formation de plusieurs années….). C’est là que nous constatons qu’Elias a un sacré tempérament pour être finalement resté « pur et droit » et pour oser penser différemment des autres (même s’il est assez intelligent pour ne pas le crier sous tous les toits et d'avancer "cacher"). Son amie d’enfance, Helene, la seule jeune femme soldat (en plus de la commandante), est la parfaite illustration d’un soldat qui obéit aux ordres sans se poser de questions. On peut dire qu’elle est insensible, mais sans être non plus cruelle (comme « le serpent », par exemple, qui est un vrai psychopathe)…..Mais la loi de l’Empire est la loi et elle sait aussi qu’elle est supérieure aux Erudits, par exemple, et qu’elle a la liberté de tuer et de soumettre tous les faibles….Si on peut appeler ça « liberté »…..C’est d’ailleurs tout ce que Elias combat et essaye de fuir…..Malgré sa force physique, son intelligence et son talent au combat qui pourrait faire de lui un parfait futur empereur….

«Helene et moi passons devant les plus jeunes élèves, quatre clases de Yearlings sans masque qui auront la meilleure vue du carnage. Les plus petits n’ont pas 7 ans. Les plus grands, presque 10 ; Les Yearlings baissent la tête sur notre passage ; nous sommes des élèves en fin de cycle et il leur est interdit de nous adresser la parole. Ils se tiennent droits comme des piquets, leur sabre à un angle de quarante-cinq degrés sur leur dos, les bottes parfaitement cirées, le visage inexpressif. Même les plus jeunes Yearlings ont appris les leçons essentielles de Blackcliff : Obéir, s’adapter et se taire ».

"Derrière les Yearlings, un espace est vacant en l’honneur du deuxième groupe d’élèves de Blackcliff, appelés les Cinquièmes années parce que nombre d’entre eux meurent en cinquième année. A 10 ans, les centurions de Blackcliff nous abandonnent dans l’Empire, au milieu de nulle part et sans armes, et nous devons survivre de notre mieux pendant quatre ans. Les survivants rentrent à Blackcliff, où ils reçoivent leur masque, et passent encore quatre ans en tant que cadets et deux en tant que Skulls. Hel et moi sommes des Skulls seniors, nous terminons notre dernière année de formation. Les centurions nous surveillent depuis les arcades qui bordent la cour, la main sur leur fouet. Ils attendent l'arrivée de la Commandante de Blackcliff, aussi immobiles que des statues, leur masque depuis longtemps complètement fondu à leur visage, toute trace d'émotion étant devenue un lointain souvenir".

Ce que je n’ai pas aimé dans l’histoire :
1#-Le pseudo triangle amoureux et je dirais même le carré amoureux ! Bah oui, moi, je ne suis pas trop fan des triangles amoureux…..Et là, nous avons finalement 4 jeunes gens qui se tournent autour (2 filles, 2 garçons)…..Bon après, on verra dans l’évolution de l’histoire car rien n’est concrétisé réellement ! (Même si Laia a une longueur d’avance par rapport aux trois autres puisque elle a embrassé tour à tour Elias, notre héros, et Keenan, le jeune homme de la Résistance…..). Je me doute bien que l’auteure a ses raisons pour inclure ces petits «crushs» dans l’histoire mais le problème avec les triangles amoureux, c’est qu’il y a toujours quelqu’un qui souffre….Et là, dans ce triangle/carré, je suis déjà triste pour ceux qui vont voir leur amour tomber à l’eau…..Aaargh ! Je n’aime vraiment pas ça !

2#-La culpabilité de Laia vis-à-vis de son frère Darin : Celle-ci m’a énormément gonflée ! Ok Laia a été obligée de fuir en laissant derrière elle son frère au début de l’histoire et c’est justement cette culpabilité qui va changer l’état d’esprit de la jeune fille et la forcer à prendre contact avec la résistance et jouer les espionnes pour leur compte….Mais après, quand elle pense dans sa tête des phrases qu’aurait pu lui souffler son frère comme « ne m’abandonne pas, je souffre etc… »….Cela m’a fait lever les yeux au ciel. Elle se sent trop coupable alors qu’en réalité, c’est son frère qui lui a dit de fuir quand les Masks ont attaqué leur maison et tué leurs grands-parents !!! Il est plus âgé qu’elle, il avait conscience de certaines réalités, il complotait derrière le dos de l’Empire et donc, il savait parfaitement que s’il se faisait prendre, il allait passer un sale quart d’heure. S’il a demandé à sa sœur de « fuir », c’est en tout état de cause ! J’imagine que nous verrons sans doute Darin dans le prochain tome, puisque nous savons qu’il est emprisonné quelque part et que Laia veut tout faire pour le secourir….Mais quand celui-ci va découvrir tout les risques inconsidérés que sa petite sœur a pris pour le sauver, il va sans doute être fâché contre elle….On fait le pari ?.....



Pour conclure, Une braise sous la cendre est un beau coup de cœur pour moi ! J’ai été happée dans l’histoire qui est vraiment superbe et riche en intrigues et en personnages charismatiques (autant les bons que les méchants). C’est vraiment un livre que je recommande pour les fans de Fantasy ! Evidemment, mon petit cœur de midinette espère vivement une jolie romance entre Laia, l’esclave Erudit au charme pur et innocent avec Elias, le beau et fier Martial rebelle qui a eu le courage de dire non à la folie de ses paires…..J’attends énormément du tome 2, qui, j’espère, nous apportera des réponses à la multitude de questions que ce tome 1 nous pousse à nous poser ! Aarrgh ! Vivement la suite !!!!



Ma note : 18/20


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