dimanche 18 septembre 2022

The love hypothesis [Chronique express]


Ali Hazelwood
Les Editions Hauteville (2022)
Sortie originale 2021
480 pages

Synopsis :
Olive Smith, étudiante en troisième année de thèse, ne croit pas aux relations durables ; Anh, sa meilleure amie si, raison pour laquelle Olive se trouve dans le pétrin. Afin de convaincre Anh qu'elle est heureuse en amour, Olive ne peut se contenter d'un simple mensonge : les scientifiques ont besoin de preuves. Comme tout biologiste qui se respecte, Olive panique et embrasse le premier homme qu'elle voit. Or cet homme n'est autre qu'Adam Carlsen, jeune professeur sexy et tyrannique à Stanford. Contre toute attente, Adam accepte de prétendre être son petit ami. Plus surprenant encore : il est parfait en tout point. Soudain, leur expérience est proche de la combustion, et Olive découvre que tester ses hypothèses sur l'amour peut s'avérer dangereux quand c'est son propre coeur qu'on met sous un microscope...


CHRONIQUE EXPRESS

Génial ! Voilà ce que je peux dire à propos de ce livre !

Déjà, je dois admettre que l'univers universitaire dans lequel évoluent nos héros ne m'est pas inconnu car mon mari est lui aussi passé par ce cursus (contrairement à l'héroïne, qui travaille sa thèse sur le cancer du pancréas, mon mari, c'était sur l'arthrose...). Je sais donc, par procuration, ce que cela fait de faire de longues études et de dépendre de l'Université etc....D'ailleurs, ce n'est pas un gros scoop, l'héroïne, Olive, le dit bien elle-même : Travailler dans le privé lui aurait rapporté plus...

Concernant le récit romantique, en lui-même, je comprends et j'adhère totalement à l'engouement de "The love hypothesis" ! 

Déjà, la manière dont écrit l'auteure, Ali Hazelwood, est très intéressante, en se mettant à la place de Olive, et en "parlant pour ne rien dire", avec son cerveau qui carbure à cent à l'heure et qui s'imagine tous les scénarios les plus loufoques !

J'ai adoré le prologue, la rencontre "improbable" entre Adam et Olive dans les WC, alors que notre héroïne est aveuglée par ses lentilles de contact périmées et qu'elle discute avec cette "ombre mystérieuse à la voix grave" qui va lui donner de bons encouragements pour son entretien à l'Université de Stanford....

Au premier chapitre, nous voilà trois années plus tard....

Olive a maintenant 26 ans et elle s'est fait deux meilleurs amis en béton, Anh, une jeune femme au grand coeur mais aussi très "grande gueule" et Malcolm, son colocataire, gay et de très bon conseil....

Olive est nulle en relations humaines (et donc encore plus sentimentales) car elle est seule depuis son adolescence, suite au décès de sa mère d'un cancer du pancréas fulgurant....

Olive est très intelligente et très jolie, mais souffre d'un grand manque de confiance en elle....Elle avait commencé à sortir avec un garçon, Jeremy, poussée par sa meilleure amie Anh....Mais finalement, elle s'est rendue compte que Anh avait craqué pour le jeune homme....Et comme elle, elle n'était pas plus intéressée que cela par Jeremy, elle s'est dit que ce serait bien que sa copine puisse connaître le bonheur, sans culpabiliser de "lui piquer son mec" car concrètement, cela signifie que les deux copines vont se "transmettre" l'une à l'autre un garçon.....

Pour éviter que son amie soit mal à l'aise, Olive a l'idée "lumineuse" d'embrasser un homme au hasard en sachant que celle-ci allait la voir, afin de lui faire comprendre qu'elle est "passée à autre chose" et que Jeremy est "libre".....

Du coup, nous voici donc sur la scène PHARE de ce récit, qui arrive dès le début du livre, quand Olive se jette dans les bras d'un homme et le prévient qu'elle va l'embrasser....

L'heureux chanceux est donc le Professeur Adam Carlsen....Un professeur de 34 ans qui a une réputation effroyable auprès des étudiants, mais comme Olive n'est pas l'une de ses élèves, elle s'en fiche, surtout qu'il est relativement sympa avec elle et qu'il accepte de jouer le jeu du "faux petit ami"....

Ensuite, le livre n'est qu'une multitude de situations rocambolesques où Olive est "obligée" devant les yeux de ses amis (et de toute l'Université), de jouer la petite amie d'Adam !!!.....

"The love hypothesis" est très bien écrit et il y a des moments tellement WTF avec les réactions "de panique" de notre héroïne que l'on ne peut que se prendre d'empathie pour elle !

Quant à Adam, la manière dont Olive le décrit quand elle interagit avec lui, on comprend tout de suite que lui aussi craque pour elle (même si la jeune femme ne le réalise pas...)....Mais évidemment, ils ont conclu un accord de "fausse relation" et aucun des deux, au départ, ne veut avouer l'évolution de leurs sentiments respectifs.

J'ai aimé ce livre car l'histoire d'amour est cohérente, elle grandit peu à peu au fil des semaines (ils ont opté dès le départ pour un rendez-vous hebdomadaire chaque mercredi au Starbucks du coin afin d'être vus "ensemble" mais il y a aussi d'autres évènements où ils se retrouvent l'un avec l'autre....Dans des situations plus ou moins cocasses...).

Il y a juste une scène sensuelle dans ce livre, mais quelle scène !!!!! Il faut dire qu'on l'attendait depuis le début alors quand elle arrive, c'est l'apothéose, même si après, comme toute bonne romance qui se respecte, il y a des obstacles, de la tension, avant le grand final positif.....

L'antagoniste du livre est vraiment antipathique, même si on ne le voit pas venir, au début.....J'ai vraiment apprécié le moment où les meilleurs amis d'Olive lui portent leur soutien et que c'est un peu grâce à eux qu'elle va arriver à se dépatouiller de cette situation tragique (et pourtant si courante - harcèlement sexuel...).....

Adam, quant à lui, est parfait, avec son humeur pince-sans-rire, son physique d'Apollon et son caractère taciturne, voire de "gros connard" (sauf avec Olive)...Quel homme ! 

C'est trop mignon de les voir ensemble et je dois dire que j'attendais avec impatience chaque scène où ils allaient se parler car leur duo fonctionne très bien ! 

En plus, on peut se demander à quel point Adam ne provoquait pas certaines rencontres....Il a également toujours une solution pour les problèmes d'Olive, notamment pour que leur faux couple fasse "vrai".....

Et si lui aussi a un motif pour entrer dans ce jeu de faux-couple, il y a aussi des éléments que l'on va apprendre sur lui dans le livre qui renforcent encore plus son charme et sa manière touchante de se comporter avec notre héroïne (quand il rougit, quand il sort une barre chocolatée de sa poche, alors que lui déteste le chocolat...Ou les fameuses boissons goût citrouille d'Olive, etc...).

Cet homme qui fait peur à tout le monde dans l'Université (enfin, pas au niveau des profs, mais des élèves), cet homme qui est "demandé" par toutes les facs des USA, qui est réputé pour la rigueur de son travail et la dureté avec laquelle il traite ses étudiants (beaucoup sortent de ses cours en larmes....), cet homme devient doux comme un agneau avec notre héroïne, même s'il aborde parfois des apparences de "grognon"....C'est vraiment chou !!!

Je vous recommande ce livre à 100 %, il mérite son succès à travers le monde. A lire, absolument si vous aimez les belles romances !

Quelques citations :

"— Est-ce que ça va ? Il devait être vraiment grand. Sa voix semblait venir de trois mètres au-dessus. — Bien sûr. Pourquoi cette question ? — Parce que vous pleurez. Dans mes toilettes. — Oh, je ne pleure pas. Enfin si, mais ce ne sont que des larmes, vous savez ? — Je ne sais pas. Elle soupira, tout en s’adossant au mur carrelé. — C’est à cause de mes verres de contact. Ils sont périmés depuis un moment, et ils n’étaient déjà pas terribles à la base. Ils m’ont bousillé les yeux. Je les ai enlevés, mais… Elle haussa les épaules. En espérant faire ce mouvement dans sa direction. — Ça prend toujours un moment avant d’aller mieux. — Vous avez mis des verres de contact périmés ? Il semblait personnellement offensé. — Tout juste périmés. — Comment ça, « tout juste » ? — Je ne sais pas trop. Quelques années ? — Quoi ? Ses consonnes étaient nettes et précises. Cassantes. Plaisantes. — Seulement deux, il me semble. — Seulement deux années ? — Ça va. Les dates de péremption, c’est pour les faibles. Un son choqué… un genre de grognement. — Les dates de péremption, c’est pour éviter de vous retrouver à pleurnicher dans mes toilettes. À moins que ce type soit M. Stanford en personne, il devait vraiment arrêter de les appeler ses toilettes. — C’est rien, dit-elle avec un geste de la main. Elle aurait bien levé les yeux au ciel, mais ils étaient en feu. — D’habitude, la brûlure ne dure que quelques minutes. — Vous voulez dire que vous avez déjà fait ça ? Elle fronça les sourcils. — Fait quoi ? — Porter des verres de contact périmés. — Évidemment. C’est pas donné, les verres de contact. — Les yeux non plus. Hmm. Bien vu."

"— Écoutez. Je suis vraiment, vraiment désolée de vous avoir embrassé. — Ah oui ? — Je vous en prie, ne me dénoncez pas. J’ai vraiment cru vous entendre dire « oui ». Je vous promets que je ne voulais pas… Soudain, l’énormité de ce qu’elle venait de faire la cloua sur place. Elle venait d’embrasser un type au hasard, un type qui se trouvait être l’enseignant réputé pour être le plus désagréable du département de biologie. Elle avait pris un grognement pour un consentement ; en gros, elle l’avait agressé dans un couloir, et maintenant il la regardait fixement avec ce curieux air pensif, tellement imposant, concentré, tout près d’elle, et… Merde. C’était peut-être l’heure tardive. Ou parce que son dernier café remontait à seize heures plus tôt. Ou parce qu’Adam Carlsen la regardait comme ça. La situation était tout d’un coup devenue intenable. — En fait, vous avez absolument raison. Et je suis tellement désolée. Si vous vous êtes senti harcelé d’une quelconque manière, vous devriez vraiment me signaler, ce ne serait que justice. Je me suis comportée de manière épouvantable, même si je ne voulais vraiment pas… Non pas que mes intentions importent ; c’est plutôt votre perception de… Merde, merde, merde. — Je vais m’en aller maintenant, d’accord ? Merci, et… Je suis vraiment, vraiment désolée. Olive tourna les talons et s’enfuit dans le couloir. — Olive, l’entendit-elle l’appeler. Olive, attendez… Elle ne s’arrêta pas". 

"Ce ne fut que lorsqu’elle s’écroula sur son lit, les yeux rivés sur les étoiles phosphorescentes collées à son plafond, qu’elle s’aperçut qu’elle avait omis de contrôler l’état de santé de ses souris de laboratoire. Elle avait aussi laissé son ordinateur portable sur son plan de travail et son sweatshirt quelque part dans le labo, et elle avait complètement oublié de s’arrêter au magasin acheter le café qu’elle avait promis à Malcolm pour le lendemain matin. Merde. Quelle journée désastreuse. Il ne lui effleura même pas l’esprit que le Dr. Adam Carlsen – connard notoire – l’avait appelée par son nom".

"— Je m’appelle Adam. Carlsen. Je suis professeur en… Elle éclata de rire. Et le regretta dès qu’elle remarqua son expression perplexe, comme s’il avait sérieusement cru qu’Olive pouvait ne pas savoir qui il était. Comme s’il ignorait être l’un des chercheurs les plus éminents dans sa discipline. La modestie ne ressemblait pas du tout à Adam Carlsen. Olive se racla la gorge. — Oui. Euh, je sais qui vous êtes, moi aussi, docteur Carlsen. — Vous devriez sans doute m’appeler Adam et on devrait sans doute se tutoyer. — Oh. Oh, non. Ce serait beaucoup trop… Non. Le département ne fonctionnait pas comme ça. Les doctorants n’appelaient pas les enseignants par leur prénom et ne les tutoyaient pas. — Je ne pourrais jamais… — Si Anh est dans les parages. — Oh. Oui. Ça se tenait. — Merci. Je n’y avais pas pensé'.

"D’accord. Deuxième règle. En fait, on pourrait l’interpréter comme une extension de la première. Mais… Olive se mordit la lèvre, tenant absolument à aborder le sujet. — Pas de sexe. Pendant plusieurs instants, il ne bougea tout simplement pas. Pas d’un pouce. Puis sa bouche s’entrouvrit, mais aucun son n’en sortit, et Olive comprit alors qu’elle venait juste de clouer le bec à Adam Carlsen. Ce qui aurait été marrant n’importe quel autre jour, mais sa réaction abasourdie lui nouait l’estomac. Était-il parti du principe qu’ils le feraient ? Avait-elle dit quoi que ce soit dans ce sens ? Devrait-elle lui expliquer qu’elle avait très peu d’expérience en la matière ? Que pendant des années, elle s’était demandé si elle était asexuelle et qu’elle avait compris seulement récemment qu’elle pourrait ressentir de l’attirance, mais seulement pour des gens en qui elle avait profondément confiance ? Que si, pour une raison obscure, Adam voulait coucher avec elle, elle ne serait pas capable d’aller jusqu’au bout ? — Écoutez. (Elle entreprit de se lever de sa chaise, sentant la panique monter.) Je suis désolée, mais si l’une des raisons pour lesquelles vous avez proposé cet arrangement est que vous pensiez que nous… — Non. Le mot avait presque explosé hors de sa bouche. Il semblait sincèrement horrifié. — Je suis même choqué que vous éprouviez le besoin d’aborder le sujet, dit-il, indigné. — Oh. Olive se sentit rougir. Bon. Bien sûr qu’il ne s’attendait pas à ça. Bien sûr qu’il ne l’aurait pas envisagé avec elle. Il suffisait de le regarder… Pourquoi en aurait-il envie ? — Je suis désolée, je ne voulais pas présumer de… — Non, c’est logique d’être directe. J’ai seulement été surpris. — Je sais, concéda Olive. Franchement, elle était un peu étonnée, elle aussi. D’être assise dans le bureau d’Adam Carlsen, en train de parler de sexe – pas dans le genre méiose, mais d’un potentiel rapport sexuel entre eux deux. — Désolée. Je ne voulais pas rendre la situation bizarre. — Ce n’est rien. Toute cette histoire est bizarre".

"Elle pencha la tête, se demandant si ce ne serait pas gênant de poser la question dont elle mourait d’envie d’avoir la réponse. Elle se dit que c’était sûrement déplacé… mais le fit quand même. — Quel âge avez-vous ? — Trente-quatre ans. — Oh. Waouh. Elle l’avait cru plus jeune. Ou plus vieux, peut-être. Elle s’était dit qu’il venait d’une dimension sans âge. C’était tellement bizarre d’avoir un chiffre. Une année de naissance, qui remontait à presque dix ans avant la sienne".

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