mercredi 19 août 2020

Pour l'amour d'un Highlander [Chronique express]



Eulalie Lombard
Auto-édition Amazon (2018)
260 pages

Synopsis :
1560. Adrastée de Nemours, noble héritière française, se voit contrainte de quitter la cour pour épouser un Highlander, sur ordre de la reine Mary Stuart d'Ecosse, alors souveraine de France. Darren MacLennan, Laird de l'île de North Uist, est obligé d'accepter cette union pour remplir les coffres d'or et ainsi faire face aux clans adverses. Prisonniers de ce mariage qu'ils n'ont jamais voulu, parviendront-ils à surmonter leurs préjugés, tandis que leurs ennemis patientent dans l'ombre ?

[CHRONIQUE EXPRESS]

Cette romance historique m'a vraiment fait passer un très agréable moment de lecture ! Evidemment, comment ne pas succomber au charme de Darren MacLennan, le highlander qui est devenu chef de son clan suite à la mort de son père et de son frère aîné. Malheureusement, malgré toutes sa bonne volontés, les caisses de son château sont vides et coup de chance, la Reine d'Ecosse Marie Stuart, qui était reine aussi de France en 1560 (entre parenthèse, elle fut une femme à la destinée épique, même sa mort fut incroyable....) lui arrange alors une union avec une jeune noble française que son père cherche à marier de toute urgence. 

Darren est assez réticent à propos de cette union "très précipitée" car selon lui, soit sa future fiancée est laide, soit elle est enceinte et c'est pour cela que son père cherche à la marier si loin de France, et si vite.....

Seulement voilà, il a son peuple à nourrir donc il n'a pas le choix, il doit épouser cette française....Et quand il voit finalement arriver Adrastée de Nemours accompagnée par son frère pour le mariage, il se rend compte que la jeune femme est d'une beauté éblouissante !!!....Du coup, Darren pense immédiatement qu'elle a déjà été déshonorée...La célébration a lieu en toute intimité (c'est le moins que l'on puisse dire) et Darren va décider de faire chambre à part et de ne pas consommer son mariage avec Adrastée, attendant qu'elle ait ses menstruations, histoire de vérifier qu'elle n'est pas enceinte d'un batard....


Par contre, le côté positif pour cette union, c'est tout l'argent de sa dote. Car le père d'Adrastée est l'un des nobles les plus argentés de France.

Adrastée, quant à elle, arrive donc dans ce château, au fin fond des Highlands et découvre la vie très "paysanne" de cette Ecosse sauvage.....Bien loin de sa France natale et raffinée. 

Evidemment, la jeune femme est belle, elle porte de sublimes robes, elle a un côté hautain et snobe et s'exprime en anglais puisqu'elle ne connait pas le gaélique. 

Forcément, personne ne peut la blairer et à part le frère de Darren, Roddy, qui voit en elle la belle-soeur idéale, tout le monde fait tout pour la mettre mal à l'aise, et la mettre à l'épreuve. (elle va en baver au niveau des humiliations...)...En plus, tout le monde est au courant que les deux époux n'ont pas consommé leur union et du coup, c'est une honte supplémentaire pour Adrastée qui ne sait pas comment se faire respecter ni accepter par ces "rustres" d'écossais.....
Cela dit, en commençant petite à petit par se faire apprécier de quelques femmes et des enfants, elle va vite conquérir les plus réfractaires et tout cela sans l'aide de son nouvel époux puisque celui-ci va s'absenter régulièrement, la laissant seule pour se démerder dans ce nouveau pays, dans cette nouvelle culture....
Néanmoins, il faut savoir qu'Adrastée cache effectivement un secret (non, elle n'est pas enceinte, elle est d'ailleurs vierge) mais elle est très intelligente et très douée pour apprendre les langues étrangères. Sa mère, qui est morte quelques années auparavant, avait elle aussi des aptitudes peu communes (et c'est d'ailleurs pour cela que son père a tant tardé à lui trouver un époux car évidemment, vu sa beauté, Adrastée n'a jamais cessé d'être courtisée dès son plus jeune âge...).

Alors oui, j'ai vraiment adoré "Pour l'amour d'un highlander" car en plus du fait que ce soit l'histoire d'une jeune femme intelligente et "riche" ("la Française", comme elle se fait appeler négativement les premiers jours de son arrivée), qui va devoir s'adapter avec subtilité et aussi avec beaucoup d'empathie pour arriver à conquérir le coeur de ce peuple de gens simples mais aussi très loyaux, voire chaleureux envers leur Laird. 

L'histoire d'amour est évidemment merveilleusement romantique car elle débute très très mal ! Darren va ramer pour se faire pardonner ! J'ai aussi beaucoup aimé les personnages secondaires, que ce soient les gentils (Roddy, Morag et Niall, notamment), mais aussi les méchants (ou les jalouses...). 

Il arrive énormément de péripéties à notre héroïne mais elle va toujours affronter le danger et l'adversité avec courage. Darren n'est pas en reste, bien entendu, car deux clans ennemis cherchent à le faire tomber et il y a aussi des français qui s'en mêlent.....Bref, ce n'est pas seulement une romance, mais c'est aussi un livre d'aventures et de "complots" politiques....

Maintenant, il me tarde de lire la "suite" de ce livre puisque la jeune auteure française, Eulalie Lombard, a décidé de nous narrer avec détails la romance qui va arriver entre Roddy (le frère de Darren) et Greer, une jeune femme écossaise, comme lui, mais venant d'un clan ennemi....Leur mariage arrangé ayant été évoqué pour garantir la paix vers la fin de ce premier tome....Bref, j'ai hâte de lire leur histoire car Roddy m'a tout de suite plu, car il a été le premier à être amical avec Adrastée.....Et du peu qu'on a aperçu Greer dans ce premier tome, celle-ci semble avoir un sacré caractère, ça promet un bon moment de lecture en perspective, je le sens !!!!

Quelques citations :

"S’imaginer loin de ses frères et de son père lui avait d’abord été douloureux, mais Adrastée s’était fait une raison. C’était pour son bien. Et de toute façon, elle n’avait nullement le choix. La France était sa patrie de naissance, mais ne sera jamais sa patrie de décès".

"À ses yeux, l’Italie ou l’Espagne auraient été des choix de premier ordre. Ensoleillées et joyeuses, ces deux patries lui donnaient une sensation de bonheur mièvre, la certitude d’être heureuse parmi ce faste chantant. À défaut de ces nations, le Duché de Savoie aurait pu être des plus acceptables, surtout qu’il ne l’éloignait pas beaucoup de chez elle, même s’il avait le défaut certain de ne pas être à la hauteur de ses exigences. Elle aurait également pu concéder à vivre au Saint-Empire, en Autriche bohème ou au Royaume de Hongrie, mais seulement en cas de dernier recours, quand tous les prétendants des nations précédemment citées auraient décliné l’offre. Dans un moment de désespoir, elle aurait même pu tolérer l’Angleterre, ce qui aurait été un terrible affront à ses croyances, puisque la nouvelle Reine, Élisabeth Ier, était une fervente protestante.  Mais l’Écosse ? L’Écosse. Par quel coup du sort affreux et détestable se retrouvait-elle en route pour ce pays du nord, arriéré et pauvre ? Pour ces terres plates, où il pleuvait sans cesse, où le bétail était partout et où les femmes étaient aussi robustes que les hommes. Pour ce pays de sanguinaire, qui tuait pour un oui ou pour un non, et qui ne faisait jamais la fête. Par tous les saints, où allait-elle danser ? Où allait-elle porter ses plus belles tenues ? Où allait-elle tenir des conversations médisantes sur les autres femmes nobles ? Tous ces fastes, toutes ces frivolités malicieuses s’envolaient au fur et à mesure que le navire fendait les vagues".

"Vendre son honneur et son avenir… Ce n’était pas digne d’un Highlander, pas digne d’un MacLennan. Il avait beau abhorrer de tout son être cette union, il ne pouvait s’en défaire. Parce que ses gens se mouraient. Malgré son bétail et ses plantations, le clan MacLennan ne parvenait plus à nourrir les siens. Une partie de leur denrée était vendue pour financer leurs armes et leurs navires, sans que cela suffise à faire face à leurs ennemis. Attaqués au nord par les MacAulay et au sud par les MacDonald, ils étaient blessés et tués de toute part. Et même si les MacLennan faisaient tout leur possible pour remplir les coffres, ce n’était jamais suffisant. Chaque assaut de leurs ennemis pouvait être le dernier. La lignée de Darren gouvernait l’île de North Uist depuis tant de générations qu’on ne pouvait plus les compter. Ses aïeuls avaient tout fait pour maintenir leur pouvoir et protéger leurs gens, il le devait lui aussi".

"Darren demeura dans l’encadrement de la porte. Il ne fit pas un mouvement. Sous la lumière de la lune qui filtrait des rideaux, il était encore plus impressionnant. Menaçant. 
— Aujourd’hui, nous avons été sacrés mari et femme devant Dieu. Cependant… Je n’ai aucune confiance en vous. Pour avoir été contrainte à faire un mariage en dessous de votre condition, dans un pays si éloigné de votre terre natale, il faut des circonstances bien particulières. Je ne me permettrais pas l’irrespect d’insinuer que vous avez été consentante, mais je doute que vous soyez arrivé devant moi vierge. Je suis Laird de clan, je dirige des gens, et par-dessus tout, j’ai besoin d’un héritier. Je ne peux donc prendre le risque d’élever un bâtard. De ce fait, je ne partagerai pas votre couche tant que je n’aurais pas la certitude que vous n’êtes pas enceinte. Sur ces mots, il referma la porte derrière lui, pour aller se réfugier dans une chambre de l’étage en dessous. Pourquoi lui avait-il laissé sa chambre, ça, il l’ignorait. Ce dont il était sûr, c’est que malgré sa beauté irréelle, cette femme pouvait représenter un danger pour lui. Un danger qu’il devait s’empresser de maitriser. De son côté, Adrastée resta figée de longues minutes, la bouche sèche et les yeux humides. Ainsi, c’était là tout ce que pensait d’elle son mari, cet homme qu’elle avait trouvé si beau et fort, à la voix de ténor et au regard qui la faisait se sentir si bien ? Qu’elle avait été naïve d’être émerveillée par sa stature et sa puissance guerrière ! Comme elle regrettait toutes les pensées énamourées qu’elle avait eues durant le repas. En à peine une minute, il avait réduit ses espoirs d’idylle à néant. Soudain, la peine se mua en colère. Pour qui se prenait-il à l’insulter ainsi ? Elle était vierge ! Et elle n’estimait pas devoir le prouver, même si les mœurs l’exigeaient. Elle n’avait commis aucun crime, sauf peut-être celui de vouloir aimer. Mais à présent, seule dans cette chambre immense et vide, dans ce château tout aussi immense et vide, mariée à cet homme immense, et visiblement, vide, l’avenir s’annonçait bien sombre".

"Un silence songeur s’installa tandis qu’elles marchaient. Indifférente aux regards hostiles, Adrastée essayait de mettre de l’ordre dans ses pensées. Tant la pauvreté de ses gens que la rudesse de leur vie la révulsaient et la touchaient, en un mélange déstabilisant. Toute sa vie, on lui avait répété sa chance d’être si bien née, mais c’est seulement ici qu’elle en prenait conscience".





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