lundi 15 janvier 2018

SINNERS OF SAINT - Tome 1 : Vicious



L.J Shen
Les Editions Harlequin (2017)
Sortie originale 2016
381 pages

Synopsis : 
Vicious. Le nom qu’il s’est choisi parle de lui-même. C’est un homme froid, cruel… et immensément riche. Ce qui veut dire qu’il a le monde à ses pieds. Millie ne fera plus jamais l’erreur qu’elle a commise dix ans plus tôt, quand elle a cru qu’elle pouvait se mesurer à lui, répondre à ses provocations, lui rendre coup pour coup. Ils n’étaient que deux adolescents, et pourtant il a détruit sa vie, l’a forcée à l’exil, loin de sa famille et de tout ce qu’elle connaissait. Alors, le soir où il surgit dans le bar de Manhattan où elle travaille à présent, adulte, plus beau et plus… dangereux que jamais, Millie sait qu’il n’y a qu’une solution  : fuir. Mais elle ne se fait pas d’illusions, si Vicious est venu la chercher, rien ne l’arrêtera. Une menace autant qu’une promesse…


« Vicious était un être dangereux qui faisait souffrir tous ceux qu’il approchait. Malheureusement, la haine qu’il m’inspirait était prisonnière d’un autre sentiment qui ressemblait à s’y méprendre à de l’amour et que j’avais du mal à étouffer. Mais il ne me briserait pas, ça, je me l’étais juré ».

Narré alternativement des points de vue de l’héroïne et du héros, comme toute romance new adult qui se respecte, ce 1er tome de « Sinner of Saint » m’a fait passer un très bon moment de lecture. Certes, je reste dubitative face à certains comportements de Vicious, le personnage masculin principal de ce roman, notamment quand il s’acharne par pure méchanceté (et pur vice ah ah !) sur notre pauvre Millie au moment de leur adolescence ….


« À All Saints, Vicious était une star. C’était le genre de garçon qui savait toujours quoi faire et quoi dire. Rien ne l’impressionnait, mais il impressionnait tout le monde. Il possédait une sorte d’aura mystérieuse et masculine à laquelle personne ne résistait. Il suffisait qu’il entre dans une pièce pour capter l’attention. Il n’avait même pas besoin de parler ».

Ce livre a aussi la particularité de nous faire voyager entre deux époques : les années lycée de Millie et de Vicious ou plus précisément l’année des 17 ans de l’héroïne (Vicious a un an de plus qu’elle) pour ensuite revenir au moment présent, soit dix ans plus tard quand nos héros sont devenus des adultes et qu’ils ne se sont jamais recroisés depuis que Vicious a chassé, oui, chassé Millie de la Californie en lui faisant un chantage infâme (vu que les parents de Millie travaillaient sous les ordres du père de Vicious, c’était facile pour lui….).

« Mes associés — Trent, Jaime et Dean — allaient être contents de moi. On avait fondé ensemble trois ans plus tôt une société spécialisée dans les investissements et les fusions à haut risque — Fiscal Heights Holdings. Ils s’occupaient de l’aspect financier et moi des questions légales. Je n’avais rien contre les chiffres, au contraire, surtout quand ils étaient suivis du mot « dollars ». J’aimais l’argent. Mais je n’étais pas un commercial ; j’étais surtout doué pour parlementer, argumenter, pousser mes adversaires dans leurs retranchements. Et les terrasser. Bref, en me déplaçant pour cette petite affaire vite réglée, j’étais tombé sur Emilia. Incroyable ! ».

La plume de l’auteure américaine LJ Shen est vraiment très addictive et même si j’ai préféré les chapitres du point de vue de Millie, il n’empêche que c’était aussi intéressant de se mettre dans l’esprit tortueux et torturé de Vicious pour pouvoir répondre à la question que l’on se pose depuis la création d’Orangina rouge : « Mais pourquoi est-il si méchant ?!!! ».


Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-La personnalité de Millie : Déjà, il y a le fait qu’elle ne se laisse pas influencer par les diktats de la mode ! Certes, le revers de la médaille c’est que parfois notre jolie héroïne a des goûts plus que douteux en matière de fringues, mais après tout, si elle se sent à l’aise ainsi, pourquoi pas ?! Ses cheveux mauves quand elle est adulte font aussi partie de sa panoplie d’artiste puisqu’il faut préciser que Millie nourrit une énorme passion pour la peinture, elle se débrouille d’ailleurs très bien, et son rêve est d’ouvrir une galerie d’art. Les difficultés de la vie à New York vont lui faire renoncer momentanément à son rêve mais elles ne l’empêchent pas de continuer à peindre, notamment des cerisiers japonais en fleur, son modèle de prédilection….Emilia LeBlanc est vraiment un personnage attachant, autant lorsqu’elle a 17 ans ou dix ans plus tard dans sa vie d’adulte. Elle doit affronter de nombreux problèmes mais garde toujours la tête haute et surtout, elle sait tenir tête à Vicious, le garçon qui l’a fait souffrir durant son adolescence….

2#-L’intrigue qui nourrit le désir de vengeance de Vicious depuis l’âge de ses 9 ans : En effet, ce tome 1 de Sinners of saint n’est pas qu’une banale histoire d’amour entre deux êtres aux personnalités différentes, non ! Il y a aussi le drame qu’a vécu Vicious dans son enfance avec la mort de sa mère et tout ce mystère qui l’a entouré et qui a fait monter la rage dans le cœur de notre héros au point de devenir insensible face aux personnes qui l’entourent et de les utiliser et les jeter comme des vulgaires objets périmés….Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot ! J’ai été happé par le déroulement de la vengeance de Vicious qui va d’abord s’en prendre à son père sur son lit de mort en lui glissant quelques phrases bien senties, à la mesure du mépris qu’il éprouve pour celui qui ne l’a jamais soutenu depuis son enfance, puis le retournement de situation avec l’ouverture de l’héritage qui donne toute la fortune du père à Jo, la belle-mère détestée de Vicious et enfin, le happy end où les « gentils » gagnent, c'est-à-dire la mère de Vicious, qui a été vengée puisque, comme le dit si bien Vicious à Jo, lui non plus n’est pas un gentil (et elle a eu tort de croire qu’il ne pourrait jamais lui rendre la monnaie de sa pièce….).

« C’est à peine s’il pouvait remuer un doigt pour montrer ce qu’il voulait ou ce dont il avait besoin. Juste retour des choses… Quand ma mère était devenue tétraplégique, il s’était plaint d’être marié à un légume. À présent, c’était lui le légume ».

« Mais ses péchés le rattrapaient. Il allait bientôt être puni pour la mort de Marie Spencer. Comme les autres. Daryl Ryler était mort depuis longtemps. Baron Spencer père ne tarderait pas à le rejoindre. Josephine Ryler Spencer n’aurait pas un sou pour vivre. Rien ».
  
3#-La relation attirance/répulsion entre nos deux personnages : Millie et Vicious ne forment pas un couple comme les autres. Déjà par leur aspect physique puisque Vicious est un businessman aguerrit à l’âge de 28 ans. Le fait qu’il soit avocat et donc en charge des questions judiciaires lui confère une certaine assurance et un sentiment de supériorité. Il était déjà très sûr de lui quand il était ado, vu qu’il est issu d’une famille riche (il a grandi dans un manoir, ne l’oublions pas !) et une fois adulte, ça ne s’arrange pas du tout ! Il a tendance à considérer les autres comme des objets et Millie n’y fait pas exception. Même si on a compris très vite que Vicious est tombé amoureux de la jeune fille dès leur première rencontre, il va vraiment lui en faire baver et se cacher la face (et c’est encore pire quand l’un de ses meilleurs amis, Dean, va sortie avec Millie, vu que lui, au lieu de lui montrer son intérêt fait tout pour être cruel avec elle….On se croirait dans une cour de récré avec le gamin de 8 ans amoureux d’une fille qui passe son temps à lui foutre des coups de pied au lieu de lui cueillir des fleurs…Bref…Vu que Vicious a perdu sa mère à 9 ans, on se demande parfois s’il n’a pas manqué quelque chose dans son développement de la maturité et du respect des femmes, notamment….Bref, bref, bref….). Donc, pour en revenir au couple Vicious x Millie, au début, c’est plutôt un rapport de force (quand ils se retrouvent adultes) et on sent bien que la jeune femme ne veut pas céder à l’objet de tous ses tourments même si, elle l’avoue elle-même, elle a toujours été amoureuse de lui…..On ne peut pas être plus dans le schéma haine/amour avec cette relation qui parfois, arrive à être vraiment tordue ! Franchement, je n’arrive pas trop à comprendre comment Millie arrive à supporter tout ce que lui a fait subir Vicious et surtout, comment peut-elle être sûre qu’il ne recommencera pas à la faire souffrir dans les prochaines années une fois la « lune de miel » passée…..Ce mec est quand même très spécial ! On peut comprendre qu’il nourrisse une haine vis-à-vis de certains membres de sa famille mais il est quand même dégueulasse et insensible avec tout le monde, notamment ses employés !!!! Bon, en tout cas, sans tirer de plans sur la comète concernant les 30 ans de mariage de Millie et Vicious, je dois bien admettre que j’ai beaucoup aimé leurs disputes et leurs affrontements mêlés de tension sexuelle ! C’est très addictif à lire !

4#-Les personnages secondaires : Vicous fait partie d’un quatuor de « bad boys » argentés. Ils étaient les rois au lycée et sont maintenant tous les quatre partenaires dans la même entreprise qu’ils ont fondé eux-mêmes et qui rencontre beaucoup de succès….Bref, ils sont tous riches et beaux et évidemment, on s’attend à ce que l’auteure leur réserve un tome à chacun ! Nous les entrapercevons donc dans ce 1er tome, surtout Dean, qui s’était amouraché de Millie (ils sont sortis ensemble au lycée sous le regard furieux de Vicious), il sera même son premier baiser et sa « première fois », ça marque quand même dans la vie d’une jeune fille ! Ce personnage m’intrigue beaucoup car on sent qu’il a souffert de sa rupture avec Millie (causée par la jalousie et le chantage abjecte de Vicious sur la jeune fille). Il est maintenant un vrai coureur de filles et le peu où on le voit avec Rosie (qui sera sa « chérie » dans le prochain tome) vaut son pesant d’or ! Les personnages « méchants » sont aussi bien soignés, en particulier Josephine, la belle-mère de Vicious que l’on ne peut que détester tellement elle est ignoble….Bref, autour de nos deux héros gravitent des personnages très intéressants et il me tarde de les retrouver (pour la plupart) dans les prochains tomes !  

Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
1#-La vulgarité de Vicious : Notre héros est peut-être très beau physiquement, il est plein aux as et très intelligent, il n’empêche, j’ai été plusieurs fois exaspérée par son langage et la manière dont il s’adresse parfois à Millie (en premier lieu, le surnom « Conchita », quel sale connard !). Ce n’est pas très classe….Je lui excuse son comportement parfois froid et sans cœur vu l’enfance qu’il a eu, mais pour la vulgarité qui sort de sa bouche, je ne suis pas fan du tout ! 


2#-Le côté trop « bonne poire » de Millie, notamment vis-à-vis de sa sœur : Ok, je vais peut-être passer pour une fille insensible, mais si Rosie n’avait pas rejoint Millie à New York, celle-ci n’aurait pas frôlé la misère comme c’est le cas à un certain moment du livre quand elle est toute seule à assumer les dépenses de la vie quotidienne (puisque sa sœur est très malade avec sa Mucoviscidose)…Il faut quand même savoir que cette maladie qui touche notamment les poumons est très grave et que beaucoup de jeunes gens en meurent (Exemple : Grégory Lemarchal)….Du coup, comment deux filles qui vivent dans un appartement miteux et très mal chauffé à New York arrivent à s’en sortir ? Rosie fait des études d’infirmière…..Elle ne pouvait pas rester en Californie au chaud (au sens propre comme au sens figuré) avec ses parents et continuer à vivre chez eux le temps d’obtenir son diplôme ?!!!!!!! J’ai donc trouvé sa décision de rejoindre Millie à New York très égoïste car évidemment, notre chère héroïne va prendre à cœur la santé de sa petite sœur, quitte à enchaîner les boulots « alimentaires » et mettre de côté sa passion de la peinture….C’est un aspect de l’histoire qui m’a donc laissée perplexe car les problèmes de « vie difficile à New York » ne sont finalement subis par Millie que parce que Rosie est une charge financière pour elle….A 25 ans, Rosie ne peut pas se démerder toute seule au lieu de chercher l’abris et le couvert auprès de sa sœur ?!!!!!

« Rosie et moi, on traversait une mauvaise passe, mais notre situation allait s’améliorer. Elle avait trouvé un travail, qu’elle avait dû momentanément abandonner parce que l’automne froid et humide de New York l’avait rendue malade. L’hiver était toujours une période difficile pour nous ».

« Je ne savais pas comment sortir du gouffre financier dans lequel je m’enfonçais depuis que je lui avais proposé de venir habiter avec moi. Quand elle était venue étudier à New York, j’avais dû abandonner un stage dans une galerie d’art et prendre deux emplois pour subvenir à nos besoins ».


3#-Le côté très vantard de Vicious : Notre héros se la pète un peu trop à mon goût avec ses grandes phrases toutes faites où l’on se demande s’il ne cherche pas à se convaincre lui-même de sa supériorité vis-à-vis des autres…Et je trouve que l’idée véhiculée par ce genre de romance new adult, avec des businessmen, à savoir : « il faut être pété de tunes pour être heureux » est plutôt malsain….Mais bon, les américains aiment le fric, alors…Quand Vicious se vantait d’être méchant et insensible, on était presque à la limite de la caricature ! Il ne manquait plus qu’il ait un rire de « méchant » comme dans les films de série Z et le tableau était complet ! Ri-di-cule !!!!

« Il y avait ceux qui appartenaient à New York et ceux à qui New York appartenait. Je faisais partie de la deuxième catégorie ».

« J’étais vraiment très jeune pour être P-DG d’une telle société. Peu de gens arrivaient à ce niveau à vingt-huit ans. Les Hot Heroes et moi, on avait pris un raccourci grâce aux dix millions qu’on avait pu investir dès la première année. L’argent attirant l’argent, on avait décollé beaucoup plus vite qu’un entrepreneur moyen ».


4#-La manière légère dont sont traités certains moment graves : Je veux bien que Millie soit une « artiste » et donc qu’elle soit un peu « en dehors des réalités » parfois mais quand même, le passage où elle se fait voler son sac à main, avec tout l’argent, ses papiers d’identité etc m’a vraiment laissée très perplexe ! Pour elle, ok, c’est une merde supplémentaire, mais pas de panique, elle se rend à son boulot comme si de rien n’était !!!!! Pourquoi elle ne va pas porter plainte à la police ?!!!!! Et une question qui n’est pas claire pour moi c’est au niveau des clés de son appartement…En toute logique, nous les filles, on met nos clés dans notre sac….Du coup, Comment ça se fait que « l’épisode du vol du sac » passe si vite aux oubliettes ?!!! Comment a-t-elle réussi à avoir d’autres clés ? Et elle n’a pas fait changer ses serrures ? Et sa carte d’identité, ce n’est pas grave si elle n’en a plus ? Elle peut prendre l’avion ensuite, pour aller en Californie avec Vicious sans problème  au niveau des contrôles à l’aéroport ?.....Bref, ce passage, m’a énormément stressée (vu que je suis une angoissée de nature !) et m’a beaucoup turlupiné car il n’y a pas de logique ni d’explications suite aux conséquences « matérielles » dues à ce vol de sac à main….Je pense que l’auteure a été très légère à ce niveau-là et elle aurait dû se conformer un peu plus à la réalité des vrais gens qui se font vraiment voler leur sac….A part pour son téléphone portable, finalement, le vol de son sac n’a pas paru être très grave pour Millie, c’est dommage !!!…Et un autre sujet qui me laisse vraiment très dubitative dans la manière dont l’auteure l’a traité c’est bien évidemment la maladie dont souffre Rosie….Cela ne choque personne que ces deux filles restent pendant des mois et des mois dans un appartement craignos (chaud en été et très froid en hiver) ? Rosie n’aurait pas dû déjà décéder ou au moins se trouver dans un état grave vu leur mode de vie (ou plutôt de survie ?)….A ce sujet, j’ai hâte de voir comme LJ Shen va traiter ce sujet de la maladie de Rosie dans le prochain tome car à moins de faire subir une greffe à notre future héroïne, j’avoue que je ne vois pas trop comment sa romance avec Dean peut donner quelque chose….
  
Pour conclure, ce premier tome de Sinners of saint est un véritable page-turner ! Si Vicous, le personnage principal, n’avait pas été aussi vulgaire et tordu, cette lecture aurait pu être un coup de cœur. Néanmoins, il faut bien admettre que l’auteure LJ Shen possède un talent indéniable pour faire « monter la sauce » et surtout elle a la capacité de nous faire apprécier, à nous lecteurs, la personnalité du héros même si, au début, c’était vraiment mal parti vu son comportement abjecte et tout ce qu’il fait subir sans remords à Millie, notre jolie et courageuse héroïne. Si vous aimez les romances avec des différences de classe social entre les deux protagonistes et que l’un des deux semble nourrir une haine incompréhensible pour l’autre mais que finalement, l’amour triomphe à la fin (avec une bonne dose de capacité de pardon de la part de l’héroïne) alors ce livre est fait pour vous ! Ne vous fiez pas aux apparences, ce livre est plus profond qu’il n’y parait puisque l’auteure évoque tout de même la maltraitance infantile et aussi le problème du harcèlement moral que subit Millie durant son année passée au lycée à Todos Santos en Californie. Le prochain tome sera consacré à Dean, l’ex-petit copain de Millie, (quand elle était au lycée - et accessoirement - l’un des meilleurs potes de Vicious…) et à Rosie la petite sœur de Millie, atteinte de la Mucoviscidose. Tout un programme ! J’ai vraiment hâte de voir comme l’auteure va arriver à créer une histoire d’amour entre ces deux-là…Parce que vu la pathologie dont souffre Rosie, c’est plutôt mal barré !...Wait and see !



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