jeudi 4 mai 2017

Inséparables

Sarah Crossan
Les Editions Rageot 2017
Sortie originale 2015
406 pages 

Synopsis :
Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l’intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent ! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n’appartienne qu’à elle ?



"Quand je pense aux tests qu'ils ont fait passer à Maman pour déterminer comment c'est arrivé, comment on en est venues à exister, je me dis qu'ils risquent d'empêcher, à l'avenir, à des gens comme nous de naître".

Intense et bouleversante, voilà comment je qualifierais ma lecture d’Inspérables, écrit par l’auteure irlandaise Sarah Crossan. Même si ce livre est classé dans la catégorie « jeunesse », il peut (et il devrait) être lu à n’importe quel âge tellement le message diffusé dans ce récit est fort et franchement très émouvant (oui, j’avoue, j’ai versé quelques larmes à la fin du livre !).


Mais d’abord, commençons par le commencement : Ce livre, Inséparables, je n’en avais pas du tout entendu parler (et pour cause, il ne sort que le 17 mai 2017 en France) et c’est seulement après avoir reçu un mail de l’équipe de Babelio, mi-avril, qui me proposait de faire partie de la Masse Critique Privilégiée et d’en faire une chronique que je me suis un peu plus penchée sur ce récit poignant de ces deux adolescentes liées intimement l’une à l’autre depuis leur naissance.

Je vous avouerai que je n’ai pas mis longtemps pour me décider à lire Inséparables et cela grâce au « tiercé gagnant » indiqué dans le descriptif du livre qui sont :

Premièrement, Les prénoms des héroïnes, Tippi et Grace, car en les découvrant dans le synopsis, j’ai immédiatement pensé aux deux actrices blondes favorites d’Alfred Hitchcock, Grace Kelly et Tippi Hedren ! D’ailleurs, ce n’était pas du tout un hasard puisque l’auteure Sarah Crossan y fera allusion dans son livre…..Et une auteure qui évoque Hitchcock dans son récit a décidément très bon goût ! Bon point pour elle !


   

Deuxièmement, il y a leur condition biologique de sœurs siamoises. La gémellité est un sujet qui me tient à cœur puisque j’ai moi-même un frère jumeau et d’ailleurs, quand ma mère était enceinte de nous, en 1978, sa plus grande peur, quand le médecin lui a dit qu’il y avait deux cœurs qui battaient dans son ventre, c’est que nous naissions siamois ! A l’époque où ma mère était enceinte, les échographies ne faisaient pas partie du parcours normal de contrôle d’une femme enceinte….Si la grossesse se passait bien, c’était la surprise à l’accouchement, notamment pour le sexe (du coup, comme nous étions une fille et un garçon, nous ne pouvions pas être de vrais jumeaux et donc, encore moins des siamois….Mais ça aurait très bien pu, surtout que notre mère avait 38 ans quand elle nous attendait….Si à notre époque actuelle, c’est courant que des femmes désirent des enfants à 40 ans, je peux vous dire qu’à la fin des années 70, ce n’était pas le cas ! Mon frère et moi, nous sommes arrivés par surprise ! Et mon frère aîné, qui avait déjà 10 ans à l’époque, a terminé son règne d’enfant unique à ce moment-là, du coup !). Bref, je m’égare, mais tout ça pour dire que la gémellité me parle (je sais ce que c’est que de partager tous ses anniversaires avec une autre personne….). Et je dois aussi dire que j’ai toujours été intéressée et curieuse des « bizarreries de la nature »….Les sœurs siamoises américaines Abby et Brittany Hensel, dont parle l’auteure dans ses notes, je me souviens très bien de les avoir vues en photo dans des magazines quand j’étais adolescente à l’époque, dans les années 90, et je me rappelle que j’avais été « choquée » et à la limite « effrayée » par ce corps unique et ces deux têtes de gamines…..Du coup, ça me fait bizarre de constater que l’auteure a les mêmes références que moi en ce qui concerne les siamois !

Et enfin le troisième élément qui m’a donné envie de lire ce livre, c’est que le texte ait été adapté en français par l’auteure Clémentine Beauvais. Dans la mesure où j’ai lu (et chroniqué sur mon blog – auto-promo mouah mouah mouah !) et franchement adoré son livre Les petites reines (je vous le conseille à 100% surtout à lire en été, si possible, avant le 14 juillet pour être en harmonie avec les personnages…), et du coup, je savais que je ne serais pas déçue par la traduction ! (Le fait que Clémentine Beauvais ait adoré les aventures de Tippi et Grace au point de vouloir le traduire elle-même pour la France était également un bon indice de confiance pour moi quant à la qualité du récit)….Et mes intuitions se sont révélés exactes puisque j’ai vraiment adoré ce livre !

Alors, Inséparables, ça parle de quoi exactement ?

Et bien dans ce livre, nous suivons six mois de la vie (de septembre à mars) des deux sœurs siamoises américaine Tippi et Grace, qui vivent à Montclair, pas loin de New York, au sein d’un foyer modeste puisque seule leur mère travaille car leur père est au chômage (et noie son ennui et ses désillusions dans l’alcool….). S’ajoute deux autres personnes dans la maison : Grammie, leur grand-mère qui s’est toujours bien occupée des filles, et leur petite sœur de trois ans leur cadette, Nicole, surnommée depuis sa plus jeune enfance Dragon, qui a un certain talent de danseuse, mais qui sait aussi depuis sa naissance que la santé de ses sœurs (et les frais engendrés) passent avant tout dans leur famille.

Hors, en ce mois de septembre, lorsque débute le livre, Grace et Tippi s’apprêtent à aller au lycée pour la toute première fois de leur vie ! (elles ont toujours été scolarisées à domicile). Nos deux héroïnes ont 16 ans et demi et ne connaissent pas grand-chose à la vie, ou, en tout cas, n’ont jamais rien expérimenté de concret comme le simple fait d’être une lycéenne normale entourée d’amis….C’est donc en leur compagnie que nous allons effectuer ce grand plongeon dans l’inconnu qui nous parait à nous, pourtant, si banal et si ordinaire mais qui est loin de l’être pour nos deux jeunes filles…..

"Les détails de nos corps restent secrets. Sauf si l'on décide d'en parler. Et les gens veulent toujours savoir. Ils veulent savoir exactement ce qu'on partage, là-bas en bas. Alors on le leur dit parfois. Pas parce que ça les regarde, mais pour qu'ils arrêtent de se poser la question. - C'est ce point d'interrogation sur notre corprs qui dérange. Donc : Tippi et moi sommes un cas d'Ischiopagus Tripus. Nous avons deux têtes, deux coeurs, deux paires de poumons et de reins. Nous avons quatre bras aussi et deux jambes qui fonctionnent parfaitement deuis que la jambe vestigiale a été coupée - clic ! comme la queue d'un chien de concours. Nos intestins commencent séparément puis s'assimilent. Au-dessous de cela nous sommes une".

Narré à la première personne du singulier, du point de vue uniquement de Grace, nous la suivons donc, en compagnie de sa sœur, dans sa nouvelle vie sociale au lycée, ce qui change diamétralement de tout ce que nos deux héroïnes connaissaient depuis leur naissance, à savoir leur famille ou les médecins.

Même si elles seront obligées d’affronter les regards insistants et la peur de certains élèves, elles auront aussi l’opportunité de se faire de vrais amis et peut-être ressentir leurs premiers émois amoureux…..

Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-La mise en page du récit : Quand j’ai reçu le livre, qui fait quand même 406 pages, j’ai eu un moment de surprise quand je l’ai ouvert. Et du coup, je comprends un peu mieux pourquoi ce livre est étiqueté « Jeunesse » car en fait, Inséparables est un peu écrit comme un journal intime, sans vrai date précise (sauf une, la plus déterminante dans l’existence de nos deux héroïnes), et chaque fait marquant durant ces six mois narrés par Grace sont expliqués à chaque fois sur une ou deux pages maximum et parfois même ne comportent que quelques lignes. Le texte est donc très épuré, à la manière d’une pensée fugace et selon moi, correspond parfaitement à des réflexions d’une jeune fille de presque 17 ans qui a toujours été montrée du doigt par l’extérieur, surprotégée par ses proches, analysée par les médecins et psychologues et qui, à la finale, ne connaît rien à la vrai vie d’une lycéenne et qui aimerait pourtant être comme toutes les autres filles de son âge….

2#-L’empathie de l’auteure vis-à-vis de ses deux héroïnes : Je dis bravo à l’auteure irlandaise Sarah Crossan qui a vraiment réussi à me projeter dans la tête de Grace et à ressentir parfaitement ses émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Nous ne suivons pourtant que six mois de sa vie, mais ces quelques mois sont tellement intenses pour elle et sa soeur qu’obligatoirement, un attachement se fait et pour ma part, à chaque fois que j’étais obligée d’interrompre ma lecture pour vaquer à mes occupations de la vie courante, et bien j’étais très souvent en train de penser à ces deux filles au destin incroyable et j’essayais aussi d’anticiper ce qui allait leur arriver….Grace nous fait aussi partager quelques éléments de son parcours depuis son enfance, comme par exemple les moments pas forcément très simples quand elle avait sept ou huit ans et qu’elle se chamaillait avec sa sœur….Difficile de prendre ses distances avec celle qui est collée à votre corps…..Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! L’attachement que l’on éprouve pour ces deux jeunes filles est si profond que bien évidemment, on ne peut que souffrir en compagnie de Grace et de sa famille quand malheureusement la pauvre Tippi décède des suite de leur si lourde opération…..Il serait intéressant de voir ce que va devenir notre héroïne….En effet, rien n’est encore gagné puisque, comble de l’ironie, c’est elle la jumelle atteinte d'une maladie au coeur et qui aurait dû mourir…..Cela dit, Grace n’est pas encore sortie d’affaire puisqu’elle est toujours en attente d’une greffe au moment où le livre se termine…..C’est franchement très frustrant de devoir abandonner ainsi cette si courageuse jeune fille au moment le plus tragique de son existence car il ne faut pas se leurrer, personne ne peut se mettre à la place d’un siamois qui a perdu son double, son autre....Quelle horreur ! Ne plus avoir à ses côtés la personne qui était constamment collée à soi, qui partageait tout au niveau physique….Ne plus l’avoir à ses côtés, c’est un peu comme si une partie d’elle était morte…..Et peut-on vraiment survivre quand on n’est plus qu’une moitié de corps ? Car elles  n’étaient pas deux, elles étaient une….Ce doit être la pire des situations possible…

"Maman ne peut pas faire autrement que de nous surveiller. Elle ne peut pas faire autrement que de s'inquiéter. Et c'est normal étant donné que si peu d'entre nous arrivent à l'âge adulte. Plus on vieillit, plus elle s'inquiète. A chaque tic-tac les risques qu'on cesse soudain d'exister grandissent encore et encore et encore. C'est simplement un fait qui ne nous quittera jamais".

3#-Les très belles phrases : L’écriture de Sarah Crossan est remarquable. Pas besoin de longues phrases, juste des mots qui tombent parfois comme un couperet et qui nous font ressentir les émotions à fleur de peau de Grace face à diverses situations. Il y a non seulement ses réflexions par rapport à ses interactions avec son entourage mais il y a aussi sa vision très claire de l’avenir plus qu’incertain qui se profile pour elle et sa sœur….En effet, depuis leur naissance, les médecins ont toujours été plus ou moins pessimistes quant à leur chance d’atteindre l’âge adulte…..

"Les gens nous trouvent grotesques, surtout de loin, quand ils nous voient comme un seul être, ces deux corps distincts qui se confondent, tout à coup à la taille. Mais si on nous prenait en photo, juste tête et épaules, à partir de ces portraits, la seule chose que les gens remarqueraient, ce serait qu'on est jumelles, l'une - moi - les cheveux mi-longs, l'autre - Tippi - un peu courts, le nez retroussé toutes les deux, sourcils exactement circonflexes. C'est vrai qu'on est différentes. Mais moches ? Allez. Me faites pas rigoler".

"Je suis hypnotisée par Dragon, ses jambes, ses bas, ses tournoiements qui la propulsent si haut qu'elle semble suspendue en l'air - pas un dragon maladroit, non, un oiseau de feu, une libellule, une abeille. Je suis bouche bée et un instant jalouse parce que avant le Lac des cygnes je ne savais pas que les autres personnes pouvaient faire ce genre de choses si elles prenaient le temps de s'entraîner - Je ne savais pas que les gens normaux pouvaient voler".

"Tu penses qu'on est partenaires mais en réalité je suis un parasite, je murmure. Je refuse de dévorer ta vie".

"Bon, allez, bordel, embrasse-la, c'est rien du tout, dit Yasmeen. Sauf qu'elle a tort : Un baiser de Jon ce serait. Tout".

"Je hurle et je crie de douleur pour ma soeur. Je hurle et je crie de douleur pour ma soeur. Je veux ma soeur dan smon sang et dans mes os, dans mon corps et dans mes veines. Je la veux pour moi. Je t'aime, je lui dis et la douleur est là. Tu me manques, je lui is et la douleur est là. Douleur douleur qui ne partira pas".

4#-L’amitié, ce nouveau sentiment : Il faudra que nos deux héroïnes atteignent l’âge de 16 ans et demi pour enfin se faire des amis. C’était vraiment bien amené par l’auteure qui a fait le choix de donner des personnalités et un passé bien particuliers à Yasmeen et à Jon, les amis de nos siamoises. Attention, spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! Ainsi nous apprendrons avec les jumelles que Yasmeen est atteinte du virus du VIH. C’est sa mère qui le lui a transmis à la naissance. Ainsi, Yasmeen sait aussi bien que Tippi et Grace ce que c’est que de vivre avec une épée de Damoclès sur la tête et également d’inspirer la pitié ou la peur….Jon, quant à lui, a une vie familiale plutôt spéciale puisque il est élevé par son beau-père qui reste avec lui jusqu’à ce qu’il aille à l’université…..Rejeté par son père et surtout sa mère, il y a de quoi mal le vivre…..J’ai bien évidemment adoré la petite romance qui va s’installer entre Jon et Grace. Nous pouvons parfaitement nous mettre à la place de la jeune fille qui estime ne pas avoir le droit de mériter de tomber amoureuse puisqu’elle partage tout le bas de son corps, à partir des intestins avec sa jumelle…..Du coup, voir un garçon qui lui dit qu’elle est belle, c’est vraiment très émouvant…..De toute manière, rien que sa liste de choses à faire avant de mourir était poignante et j’ai donc vraiment adoré quand Jon a exaucé son vœux d’embrasser une fois un garçon sur la bouche (d’ailleurs, il ne lui a pas fait qu’un seul et unique baiser, soit-dit en passant !).

"Ouahou, les filles ! Vous êtes juste un truc de dingues ! dit Yasmeen, apparemment pas dégoûtées, ce qui est, il me semble, un bon début à cette journée. Et ce qu'elle dit est vrai. C'est un truc de dingue qu'on ait survécu à l'utérus. Un truc de dingue qu'on ne soit pas mortes à la naissance. Un truc de dingue qu'on ait survécu jusqu'à seize ans. Mais je ne veux pas être un truc de dingue. Pas ici". 

5#-Les références culturelles et historiques : Inséparables est un livre de son temps avec des adolescents de leur temps qui écoutent de la musique à la mode mais l’auteure y inclus également des grandes œuvres de la littérature (que Jon va faire découvrir à Grace), sans parler des films, notamment l’allusion à Hitchcock. Si cela peut permettre aux jeunes lecteurs de s’ouvrir des horizons nouveaux rien qu’avec la curiosité de regarder sur internet à quoi correspondent les noms et titres évoqués dans ce livre, ce sera déjà une grande victoire. J’ai toujours aimé les histoires qui font référence à d’autres œuvres en clin d’œil subtiles….Et le moins que l’on puisse dire c’est que Sarah Crossan a plutôt bon goût dans ses références !

"J'ai fini Jane Eyre. Je suis tombée amoureuse de Mr Rochester. Je pense que c'est quelqu'un comme ça dont Tippi et moi on a besoin, un aveugle qui a tout perdu".


6#-Le message à l’acceptation de soi et au droit à la différence : Ce qui est bien dans ce livre, c’est qu’il nous pousse à réfléchir. En effet, l’auteure, par le biais de son héroïne Grace, met le doigt là où ça fait mal et cherche à nous bousculer dans nos idées préconçues. Déjà, il y a le fait que Grace ne veut pas que les autres ressentent de la pitié pour elle et sa sœur. Certes, elle a une existence différente de la majeure partie des gens, mais comme elle le fait si bien remarquer, il y a énormément de gens qui souffrent de choses « bien pires » dans ce monde. Les gens ont tendance à prendre en pitié ceux qui sont différents parce qu’eux-mêmes ne consentiraient pas à s’imaginer à leur place…Mais tout comme quelqu’un qui perd la vue ou l’usage de ses jambes, il faut bien s’adapter et continuer à vivre. C’est d’autant plus « facile à accepter » avec les gens qui naissent avec des handicaps et qui n’ont donc connu que « ça » et du coup, n’ont rien à regretter car ils n’ont que ce modèle d'existence. Et Grace le clame haut et fort, elle a la chance d’avoir quelqu’un qui l’aimera toujours, son double, sa sœur. Elles sont unies et ne font qu’une face à l’adversité. Evidemment, dans ce livre, nous assistons aussi au changement de mentalité de certaines personnes, notamment les médecins ou les journalistes qui ne considèrent plus forcément Grace et Tippi comme des « cas d'étude et de curiosité » mais comme deux êtres humains courageux et conscients plus que les autres de leurs faiblesses et de leur propre mortalité…..

"Ce serait horrible d'avoir un cancer. Ce serait horrible d'être attaché à une machine une fois par semaine qui me pomperait du poison dans les veines dans l'espoir de me sauver la vie. Notre oncle Calvin est mort d'une maladie du coeur à trente-neuf ans laissant derrière lui trois fils et une femme enceinte. La soeur de Grammie s'est noyée dans un tonneau de pêches pourries et d'eau stagnante quand elles vivaient à la ferme étant enfants. Les actualités sont pleines d'histoires d'enfants battus et de famine et de génocide et de sécheresse et je ne me suis jamais dit, pas une seule fois, que je voudrais échanger ma vie avec les existences tragiques de ces gens-là. Parce que avoir une jumelle comme Tippi ce n'est pas. La pire. Chose. Au monde".

Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
Allons bon, il n’y a rien à dire par rapport à ce récit bouleversant et vraiment très bien écrit ! Et si je devais juste apporter une seule critique, c’est peut-être le fait que c’est dommage que ce livre ait été classé dans la catégorie "Jeunesse" car du coup, cela peut empêcher certains lecteurs adultes de le lire (oui, il y a des adultes qui ont honte de lire un livre jeunesse…Dommage pour eux...).

Pour conclure, j’ai vraiment eu un beau coup de cœur pour ce livre qui m’a bouleversée et me fait encore réfléchir plusieurs jours après la fin de ma lecture. Nous ne pouvons pas sortir indemne de ce récit tellement il nous prend aux tripes. Durant 406 pages (qui se lisent extrêmement vite vu la mise en page très particulière choisie par l’auteure) nous partageons les pensées de Grace, l’une des deux sœurs siamoises, âgée de 16 ans et demi et qui doit aller au lycée pour la première fois et être confrontée, avec sa sœur, au regard pas toujours bienveillant du monde extérieur. L’auteure irlandaise Sarah crossan a parfaitement réussi à nous mettre à la place de Grace, à ressentir ses joies, ses émois, ses désillusions, ses colères et ses peines. Les personnages secondaires sont aussi particulièrement bien soignés, que ce soient les parents ou la grand-mère des filles, tout comme Dragon, leur petite sœur, ou bien encore Yasmeen, Jon et Caroline. Comme le dit si bien Grace - qui a eu une vision très claire et très mature sur la fragilité de sa propre existence - vivre attachée à Tippi n’est pas une tragédie malgré tous les regards de pitié ou de dégoût posées sur elles !….Alors OUI ! Je vous conseille bien évidemment à 100% la lecture d’Inséparables, et ne vous fiez pas au fait que ce soit un livre classé dans la catégorie "Jeunesse" : Ce livre est tellement profond de par les sentiments qu’il inspire et les mises en situations vécues par nos deux héroïnes qu’il devrait être lu par tout le monde ! Bravo à l’auteure Sarah Crossan et merci à Clémentine Beauvais pour l’adaptation en français.



Je remercie Babelio de m’avoir sollicitée pour découvrir en avant-première ce merveilleux roman, ainsi que les Editions Rageot.

Ma note : 18,50/20

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