samedi 22 août 2015

INDECENT

Colleen Hoover
Les Editions J'ai Lu (2014)
Sortie originale 2012
282 pages 

Synopsis :
Pour surmonter le brusque décès de son père, Layken, âgée de 18 ans, part s'installer, avec sa mère et son frère, dans le Michigan. Sa famille la considère comme un roc, mais en son for intérieur, elle est désespérée. Bientôt, une rencontre va tout changer : celle de Will, son voisin passionnée de poésie, un être lumineux, patient et protecteur, qui partage beaucoup d'intérêts communs avec Lake, peut-être même trop...Après un premier rendez-vous exceptionnel, le quotidien reprend ses droits et amène avec lui un obstacle infranchissable. Les circonstances auront-elles raison de leur attirance hors du commun?

Alors là, je dois dire que je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire quand j'ai débuté ce livre ! Je pensais que j'allais lire une énième romance New adult, hors ce n'est pas du tout le cas ! La couverture VF est totalement trompeuse (elle suit la mode des livres de ce genre....Alors que le contenu est différent...). Bref, je ne vais pas dire qu'il y a tromperie sur la marchandise, mais presque.....Remarquez, cela aura au moins le mérite d'apporter un effet de surprise !

Néanmoins, l'un des sujets principaux est très dur et très lourd puisque l'on parle énormément de deuil....Comme ambiance plus plombante, il n'y a pas mieux....

Voici quelques extraits du livre, pour vous donner une petite idée de l'ambiance générale de cette histoire :

"Comme le propriétaire nous a envoyé des photos de la maison, je reconnais immédiatement la nôtre. Elle est petite. Toute petite. Au Texas, on avait un ranch avec des hectares de terrain". 

"Je charge avec Kel les deux derniers cartons dans le fourgon de déménagement, puis referme le coffre et le verrouille sur dix-huit années de souvenirs dont mon père a fait partie. Il est mort il y a six mois. Depuis, l'eau a suffisamment coulé sous les ponts pour que Kel, mon frère de neuf ans, ne fonde pas en larmes à chaque fois qu'on parle de lui".

"Elle ne m'appelle jamais par le prénom qu'elle a choisi d'écrire sur mon acte de naissance. Mon père et elle se sont disputés pendant neuf mois à ce sujet. Elle aimait "Layla" à cause de la chanson d'Eric Clapton. Mon père préférait "Kennedy" à cause d'un Kennedy. 'On se fout de savoir quel Kennedy, disait-il. Je les aime tous'. J'avais déjà trois jours quand l'hôpital les a forcés à se décider. Ils se sont alors mis d'accord pour prendre les trois premières lettres de chaque prénom et en tirer un compromis : Layken".

"Contrairement à Kel et moi, il ne fait aucun doute que ces deux-là sont frères. L'âge mis à part, ils sont absolument identiques. Ils ont tous deux le teint hâlé et des cheveux noirs de jais coupés court".

"Eh bien, bienvenue à Ypsilanti ! me souhaite-t-il. (il ôte sa main de la mienne et la glisse dans la poche de sa veste). Vous venez d'où ? -Du Texas ? Je ne sais pas pourquoi j'ai fait de ma réponse une question. Je ne sais pas non plus pourquoi j'en fais tout un plat. Ni pourquoi je réfléchis au fait que j'en fasse tout un plant. Je rougis".

"Au Texas, il y a plus d'insectes que de brins d'herbe. Quand n n'est pas en train de chasser des mouches, c'est qu'on est occupé à tuer des guêpes. -Le Michigan a au moins un avantage, je suppose".

"Quand mon père est mort, ma mère m'a donné en avance le cadeau qu'il avait prévu pour mes dix-huit ans : deux places pour le concert des Avett Brothers. J'ai fondu en larmes en pensant à la joie qu'il aurait eue à me les offrir lui-même. Je sais qu'il aurait voulu que je les utilise, mais j'en ai été incapable. Le concert avait lieu quelques semaines après son décès. Je n'en aurais pas profité. Pas de la même façon que s'il avait été avec moi".

"Mouais. Je croyais que vous détesteriez la neige, vous autres. Il n'y en a pas tout le temps ici ? Il rit. -Vous autres ? -Quoi ? -Rien, répondit-il avec un sourire. C'est la première fois que j'entends quelqu'un dire "vous autres", c'est tout. C'est mignon. On se croirait avec Scarlett O'Hara. -Oh, excuse-moi, rétorqué-je. A partir de maintenant, je vais parler comme vous, les Yankees, et perdre mon temps à dire "Les gens qui habitent ici". Il rit et me donne une tape sur l'épaule. -N'en fais rien. J'aime beaucoup ton accent. Il est parfait."

"Avant de s'engager avec un homme, une femme doit pouvoir répondre "oui" aux trois questions suivantes. Si tu réponds par la négative à l'une d'elles, fuis à toutes jambes. (....). Te traite-t-il tout le temps avec respect ? C'est la première question. Deuxièmement, s'il est le même dans vingt ans, voudras-tu toujours l'épouser ? Et enfin, te donne-t-il envie de devenir quelqu'un de meilleur ? Quand tu pourras dire "oui" à tout cela, tu auras trouvé un homme bien".

"Il plaisante ? Un garçon canon capable de me faire rire et qui aime la poésie ? Pincez-moi, je rêve ? Non, en fait, je préfère ne jamais me réveiller".

"Il se tape plusieurs fois la tête contre le métal tandis que je reste figée, incapable de parler. Il baisse lentement les bras et se tourne vers moi. -Comment ai-je pu ne pas m'en rendre compte ? Tu es toujours au lycée ?".

"Tu penses que ça ne me fait rien de savoir que c'est à cause de moi que tu souffres ? Que c'est à cause de moi que tu es triste ?".

"Je me sens complètement humiliée. Humiliée par ce qui s'est passé entre nous, et parce que j'ai l'impression d'être une fille aux abois, plus faible que lui. Je récupère mes clés sur la table basse et me tourne vers la porte. Je m'arrête juste devant lui. -Tu es un connard, lui dis-je. Je m'en vais en claquant le battant derrière moi".

"Selon Elisabeth Kübler-Ross, après la mort d'un être cher, le deuil d'une personne se compose de cinq étapes : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Quand on habitait encore au Texas, j'avais fait un semestre de psychologie en première année de lycée. On était en train de parler de la quatrième étape lorsque le proviseur est entré dans la salle, blanc comme un linge. -Layken, je peux te parler, s'il te plait ? M. Bass était un homme plaisant. Il était grassouillet au niveau du ventre, des mains, et même à des endroits où on n'est pas censés grossir. Il faisait très froid ce jour-là, alors qu'on était déjà au printemps. Pourtant, il avait des auréoles sous les bras. C'était le genre de proviseur qui passait plus de temps dans son bureau que dans les couloirs. Il ne cherchait jamais les ennuis. Il préférait attendre qu'ils viennent à lui. Alors que faisait-il ici ? Le ventre noué, je me suis levée et j'ai marché le plus lentement possible jusqu'à la porte. Il refusait de croiser mon regard. Je me souviens que lorsque je suis arrivée devant lui, il a détourné les yeux. Il était désolé pour moi. Pourquoi ? Quand je suis sortie dans le couloir, j'y ai vu ma mère. Son mascara avait coulé sur ses joues. A son expression, j'ai tout de suite compris pourquoi elle était là. Et pourquoi mon père n'y était pas. J'ai secoué la tête en refusant d'y croire. -Non, ai-je crié, au bord du désespoir. Elle m'a prise dans ses bras et, ensemble, on s'est laissées glisser par terre. Au lieu de lui rendre son étreinte, j'ai essayé de fondre en elle. Ce jour-là, sur le sol de mon lycée, j'ai vécu la première étape du deuil : le déni".

"C'est comme si la mort venait de nous frapper en plein visage. Eddie tourne la tête vers moi. -Ce n'est pas la mort qui t'a frappée, Layken. C'est la vie. La vie est comme ça. Elle n'est pas facile. Elle est semée d'embûches. Tout le monde te le dira".

"Tu ne crois pas si bien dire ! J'avais fini par me faire une raison, Will ! Après un mois de torture, j'avais réussi à pouvoir être dans la même pièce que toi sans problème. Et il a fallut que tu fasses ça ! Je n'en peux plus ! (Je pleure). Tu monopolises mes pensées quand tu n'es pas là. Je n'ai plus le temps pour tout ça. J'ai des problèmes beaucoup plus importants que tes petits instants de faiblesse".

Pour conclure, j'ai passé un bon moment de lecture avec Indécent même s'il y a beaucoup de bémols à cette histoire. Le côté extrême dans les malheurs qui arrivent à cette famille m'a parfois fait lever les yeux aux ciel, c'est clair ! 

Si je n'avais pas lu "Maybe someday" avant ce livre, il est possible que j'aurais eu une appréciation mitigée de cette auteure américaine qui a actuellement le vent en poupe. On va dire que c'est parce que c'est sa première oeuvre et que cela implique donc certaines imperfections et beaucoup de clichés que je trouve Indécent loin d'être un chef d'oeuvre. 

C'est sympa à lire, c'est addictif mais pour de mauvaises raisons, j'ai envie de dire....En effet, il leur arrive tellement de tuiles que pour ma part, je continuais à lire pour savoir jusqu'à où Colleen Hoover allait entraîner ses personnages dans le pathos.....Je ne peux pas dire que je recommanderai ce livre, surtout que l'un des sujets principaux est quand même le deuil et la perte d'êtres chers.....Il faut le savoir et y être préparé quand on commence ce livre.....Si vous voulez une belle romance qui fait rêver avec des personnages plus légers, ce livre n'est pas pour vous ! Colleen Hoover aime faire souffrir ses personnages et on en a un exemple flagrant dans "Indécent" !

Ma note : 17/20

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